Sans les associations citoyennes il n'y aurait eu aucun recours. Et pour cette fois les juges ont entendu nos arguments. Un succès ne fait pas le printemps mais il fait chaud au coeur surtout quand nous lisons la colère contenue des autorités qui parlent de la justice en termes de "mauvais coup". JPD.

Communiqué Alternative LGV Midi-Pyrénées

 LGV :Un succès des associations

 Depuis 7 ans des associations citoyennes se battent contre le projet de LGV dit GPSO, coupé artificiellement par les autorités, en trois morceaux. Un énorme succès avait été obtenu avec l'avis défavorable des commissaires enquêteurs de l'Enquête d'Utilité Publique (EUP) sur la LVG et le secteur nord Toulouse. Mais sur le secteur sud Bordeaux l'avis avait été favorable. Le gouvernement était passé outre en signant les déclarations d'utilité publique. Il ne restait qu'une solution aux associations : les recours devant les autorités judiciaires.

Le tribunal administratif de Bordeaux vient d'annuler la déclaration d'utilité publique concernant les aménagements de la LGV au Sud de Bordeaux là où l'avis avait été favorable ! C'est une gifle pour les ultimes défenseurs du projet, Delga et Moudenc. Faut-il rappeler que Pépy lui-même a déclaré que le projet n'était pas justifié ?

Pour rendre compte de cet événement La Dépêche a utilisé des arguments aussi mensongers que d'habitude.

"Ces aménagements, dont le coût est légèrement supérieur à 600 millions d'euros, visent non pas à créer une ligne nouvelle mais à désengorger, sur une portion de 12 km, le nœud ferroviaire bordelais afin d'accueillir une rotation plus élevée de TGV mais aussi de renforcer l'intermodalité avec les TER."

FAUX. Ces aménagements visent à créer une voie de plus ! (et pour nord Toulouse, deux voies). Ils utilisent le mot aménagement pour faire croire aux utilisateurs du TER qu'ils vont y gagner quelque chose alors que c'est l'inverse : le TOUT LGV tue la SNCF aussi bien le fret que le train du quoridien.

 Le journaliste donne ensuite la parole à Delga-Moudenc :

 «Une étude sur les modes de financement innovants devrait rendre ses conclusions prochainement. Elle permettra de proposer plusieurs modèles de financement. Ainsi, le motif d'annulation devrait ne plus avoir de raison d'être, à terme» estiment-ils, jugeant «inacceptable que près de 4 millions de nos concitoyens soient privés de ligne à grande vitesse et restent à près de cinq heures de Paris».

Des financements innovants ? Sans rien dire de la facture ? Depuis sept ans on nous parle de financements innovants pour évoquer en fait une augmentation des impôts ! Et une fois de plus on invoque le temps de parcours miraculeux qui concerne au mieux deux trains !

 Et cerise sur le gâteau :

"En clair, la future LGV Toulouse Bordeaux est le chaînon manquant sans lequel la rentabilité ne serait pas assurée."

Là c'est du mensonge puissance 10 ! Tout le monde sait qu'entre Toulouse et Bordeaux les TGVs sont pleins en moyenne à 30% et donc, une ligne peu fréquentée rendrait Bordeaux-Tours plus rentable ? Or la SNCF le déclare dès à présent : Tours-Bordeaux lui provoquera 150 millions d'euros de perte chaque année ! Peut-être qu'avec la LGV Toulouse-Bordeaux cette perte serait moindre sur Tours-Bordeaux mais tellement plus grande sur Bordeaux-Toulouse !

Euro Sud Transport (un lobby financé par nos impôts) rappelle sans cesse un communiqué de Macron en faveur de la LGV, communiqué qui, jusqu'à ce jour, a été invisible !

Malgré les pressions du duo Delga-Moudenc l'option réaménagement de la ligne existante doit être prise en compte pour le bien de tous : les riverains de cette voie qui méritent des protections phoniques, les utilisateurs des passages à niveau qui méritent des franchissements de voie plus sûrs, les voyageurs en TER qui méritent des investissements sur la voie (ils sont les usagers les plus fréquents) et toute la SNCF elle-même qui n'a plus qu'applaudir la décision du TA de Bordeaux ! Bien sûr il va y avoir appel devant le Conseil d'Etat. Les associations et leurs avocats y sont prêts.