Aux dernières Européennes pour le Grand Sud-Ouest Mélenchon a été élu sur la liste Front de Gauche avec en deuxième position Marie-Pierre Vieu et derrière lui Manuel Bompard. Obligé de démissionner Marie-Pierre Vieu est devenue députée européenne. Manuel Bompard explique comment. Vu que les prochaines élections en 2019 ce sont les élections européennes... Pour faire le bilan de l'action à Strasbourd de Mélenchpn on peut se reporter utilement sur ce lien : ICIJean-Paul Damaggio

Texte de Manuel Bompard

Je suis interrogé par plusieurs d'entre vous à propos du parlement européen. Je donne donc ici quelques explications.

Dimanche, Jean-Luc Mélenchon a été élu député de Marseille. Il renonce donc à son mandat de député européen pour lequel il avait été réélu en 2014. A l’époque, j’ai eu le plaisir d’être en 3ème position sur la liste du Front de Gauche derrière Jean-Luc Mélenchon et Marie-Pierre Vieu.

En effet, des discussions nationales avaient permis de construire un équilibre des candidats entre les différentes composantes de ce rassemblement. Dans ce cadre, un accord avait été trouvé pour que, malgré cette 3ème position, dans l’hypothèse où Jean-Luc Mélenchon serait appelé à d’autres responsabilités, je puisse assumer le prolongement de son mandat au Parlement Européen. Cet accord avait d'ailleurs causé quelques difficultés avec le mouvement Ensemble qui revendiquait également cette position.

Il semble aujourd’hui que le PCF revienne sur cet engagement. Cela ne me surprend pas. J’ai vu déjà, notamment pour la préparation des élections législatives, la valeur que la direction du PCF semble accorder à sa parole quand celle-ci a rompu unilatéralement les discussions. Nous avons subi aussi ses tentations hégémoniques lorsqu'elle exigeait des candidats du PCF dans plus de la moitié des circonscriptions. Nous en constatons malheureusement ensemble les conséquences puisque les candidatures dissidentes du PCF privent la France insoumise de deuxième tour dans près de 50 circonscriptions du pays.

Je préfère le dire clairement : je ne demande rien pour moi. J’ai mené la bataille des élections législatives car il nous a semblé normal que les animateurs de la campagne présidentielle se portent aux premières lignes du combat. Mais je ne cherche pas un mandat à tout prix. J’ai une activité professionnelle, je n’ai pas besoin d’être élu pour vivre et je suis déjà très fier de mon engagement et de mes responsabilités au sein de la France insoumise. Et je compte bien les assumer quoi qu'il arrive.

Mais le respect de la parole donnée n’est pas une petite chose. Cela pourrait bien conditionner à l’avenir la possibilité de travailler ensemble. Car les citoyens ne veulent plus des arrangements sans principe où l’esprit de boutique semble l’emporter sur l’intérêt général. Manuel Bompard