ay carmela

En 1994 Marie-France le découvre au Théâtre du Balcon à Avignon où il crée ¡Ay Carmela! de José Sanchis Sinisterra, mise en scène Pierre Chabert, avec Teresa Ovidio. Le spectacle va courir dans toute l’Europe : 850 représentations. Beaucoup plus tard il croise Wajdi Mouawad en jouant le père dans Littoral et obtient le Molière 2005 du meilleur auteur, au Théâtre des Quartiers d’Ivry, mise en scène Magalie Léris.

Nous l'avons vu deux fois à Avignon en 2016 où il rejouait ¡Ay Carmela !

Et Marie-France avait évoquer ces deux moments.

"¡ Ay Carmela ! de José Sanchis Sinisterra par la Compagnie Dont Acte avec Teresa Ovidio et Jean-Marie Galey au Girasole. C'est, pour moi, une pièce capitale, l'une de celles qui montrent le mieux les dilemmes auxquels furent confrontés les Espagnols à l'avènement de Franco.

C'est l'histoire d'un couple d'artistes (un pétomane et une danseuse de flamenco) qui doivent se plier aux volontés de la dictature. Lui

jean marie galey

n'ose refuser, elle se révolte… Il y a des flashbacks entre cette époque et la suivante, celle où l'homme parle à sa femme morte, montre son immense peine, ses regrets. C'est poignant et pourtant on rit par moment. J'avais déjà vu cette pièce avec les mêmes acteurs il y a fort longtemps. C'était au Balcon et c'est l'une de celles qui m'ont le plus marquée, frappée, enthousiasmée, au point qu'elle reste dans ma mémoire comme une des meilleures que j'aie jamais vues. A une époque où cependant, je ne connaissais pas grand chose de cette histoire espagnole. J'avais trouvé Teresa Ovidio et Jean-Marie Galey extraordinaires. Ici, le metteur en scène est différent, sa mise en scène est trop relâchée peut-être avec des temps longs, les comédiens bougent sans doute moins (d'autant que l'actrice a un bandage au genou). Mais je pense toujours que c'est une pièce majeure, qui dit des choses fondamentales. Et j'ai pu voir là toute la bêtise d'un certain public d'Avignon, grossier et sans gêne, partis bruyamment avant la fin. J'imagine qu'ils avaient pensé venir voir un spectacle de flamenco ou rire aux pitreries de Jean-Marie Galey (qui interprète un vieux hippie dans le feuilleton de la télé Plus Belle la Vie). Alors évidemment, une heure trente d'une pièce éminemment politique, certains n'ont pas supporté ! J'étais vraiment triste pour l'auteur et surtout pour les acteurs.

comédie française

L'Attentat de Yasmina Khadra avec la Compagnie Dont Acte (6 comédien-ne-s dont Jean-Marie Galey et Bruno Putzulu). C'est un des rares livres de Khadra que je n'avais pas lu. Il raconte un attentat perpétré à Tel Aviv par une kamikaze. Il s'avère que celle-ci est l'épouse d'un chirurgien israélo-palestinien installé depuis toujours parmi les notables. Celui-ci passe son temps à recoudre les blessures des victimes et découvre soudain une partie horrible de la vie de sa femme qu'il ignorait complètement."

 En 2017 nous le retrouvons avec plaisir d'où mon envie de le retrouver sur son site officiel et le détour vaut vraiment le voyage.

 Je reprends ce que dit Marie-France et que je partage totalement :

"Cette fois c'était, à 11h au Petit Louvre, Ma Comédie française, un texte de lui, saignant, drôle, intelligent et bien écrit sur les travers de la "vénérable maison" avec une mise en scène très sobre de sa complice de toujours Teresa Ovidio, que nous saluerons à l'entrée de la salle. Dommage, le public n'est pas au rendez-vous en ce début de festival. Je souhaite vraiment que le bouche-à-oreille aura fonctionné par la suite. Le comédien, en tout cas, sait de quoi il parle, vu qu'il fut pensionnaire de la Comédie française avant de la quitter avec pertes et fracas. Il fait une critique au vitriol des méchancetés et jalousies qui parcourent cette institution (et peut-être aussi des institutions en général). Le tout est agrémenté avec intelligence de citations, de bouts de chansons (Léo Ferré, Barbara avec L'aigle noir…) dont j'ai sûrement loupé une bonne partie. On sent que ce moment de sa vie fut dur pour l'acteur, mais, comme il le dit dans la pièce, cela lui a permis de l'écrire !"

 En effet le texte de la pièce s'appuie sur le texte d'un roman écrit par J-M Galey. J-P Damaggio

P.S. : Sur la photo, Jean Marie Galey au moment où il salue le public.