La pièce de théâtre-musique à Avignon sur la vie de Pasolini avait lieu au moment même où l'assassin de l'artiste emportait dans sa tombe les mystères de cette mort. Le spectacle réussissant à mélanger plusieurs dimensions artistisques (musique, chant, vidéo, récit, lecture, témoignages radios) était bien à la mesure de l'artiste complet Pier Paolo Pasolini. Une vie présentée de manière peu didactique dans le respect de l'histoire de l'auteur d'Ecrits corsaires. A Avignon Dario Fo a cette année totalement disparu donc avec Pasolini c'était un présence italienne appréciable. Jean-Paul Damaggio

 Présentation de la pièce

Il y a quarante ans, Pier Paolo Pasolini était assassiné sur une plage d’Ostie. Poète, romancier, scénariste, pamphlétaire, auteur dramatique, réalisateur et acteur, il est sans aucun doute l’artiste et intellectuel italien le plus célèbre du 20e siècle.

 Pasolini n’a jamais refusé que le monde change, mais il a combattu avec une “vitalité désespérée“ son avilissement par la marchandisation. “Mon travail consiste à montrer les choses et les êtres dans leur sacralité“, disait-il.

À partir de poèmes mis en musique de son vivant, de chansons originales, de textes politiques et de recréations d’interviews, le spectacle PASOLINI MUSICA évoque l’admiration du poète pour la beauté du monde, et sa lutte contre ce qui s’y oppose. Une parole lumineuse et précieuse dans l’obscurité qui aujourd’hui menace de se refermer sur nous.

 La scène figure le studio de travail de Pier Paolo Pasolini. On peut y voir son bureau, sa machine à écrire, une rangée de sièges de cinéma, un piano droit et d’autres instruments. On assiste au processus de création artistique selon Pasolini : genèse d’un poème, fragment d’une répétition, élaboration progressive d’un texte qui deviendra chanson.

 À l’avant-scène, un poste de télévision se déclenche parfois pour faire entendre les journalistes provocateurs qui l’interviewent.

 Il arrive que la scène figure aussi un espace mental dans lequel les souvenirs et les rêves de l’artiste prennent forme. Des images naissent alors, projetées sur les murs ou les corps. Lumière et musique en soulignent l’aspect onirique.

 Un comédien-chanteur incarne Pier Paolo Pasolini. Deux comédiennes-chanteuses figurent tout à tour les femmes présentes dans ses œuvres : la cantatrice Maria Callas, les comédiennes de ses films, des paysannes de son enfance… Parfois ces personnages chantent, accompagnés au piano droit acoustique, au clavier numérique, au violon ou à l’accordéon.

 PASOLINI MUSICA esquisse une chronologie de la vie de Pasolini, depuis l’ouverture, souvenir de son enfance paysanne, jusqu’à son assassinat. Sans narration ni exposé didactique, ce théâtre musical fait alterner des poèmes autobiographiques théâtralisés, des chansons en situation, des interviews jouées et des textes politiques. Il est exclusivement composé de textes de l’artiste. A savoir :

 FRANCE CULTURE

"Ce spectacle m'a profondément bouleversée. " EPIXODE

"Même si vous ne connaissez pas Pasolini, vous le découvrirez avec bonheur. Pour ceux qui connaissent cet artiste engagé, le spectacle offre des clins d’œil qui les raviront. " UNIFICATION FRANCE

"Une dynamique de folie est insufflée sur scène. "

Miguel-Ange Sarmiento : Comédien : Stéphanie Boré : Comédienne ; Eva Kovic : Comédienne

André Roche : Comédien, Metteur en scène ; Solène Ménard : Comédienne

Pier Paolo Pasolini : Auteur : Dmitri Negrimovski : Compositeur

 

Article du Figaro sur la mort de Pino Pelosi (je n'ai rien trouvé d'autre sur la presse française)

Pino Pelosi, condamné pour l'assassinat du célèbre poète et réalisateur de Mamma Roma a succombé à un cancer dans la nuit de mercredi à jeudi. Il emporte avec lui tous les secrets d'un meurtre dont les causes restent encore mystérieuses.

Il a emporté avec lui ses secrets et la vérité. Pino Pelosi, le meurtrier supposé du réalisateur et poète Pier Paolo Pasolini assassiné en 1975, a succombé à un cancer dans la nuit du mercredi 19 juillet selon les médias italiens. Ce voyou prostitué âgé à l'époque de 17 ans, que Pasolini avait conduit sur la plage d'Ostie, près de Rome, dans la nuit du 2 novembre 1975, a longtemps déclaré avoir agi seul pour se défendre d'une tentative de viol de la part du réalisateur de 53 ans. Il avait été condamné à 9 ans de prison, une peine confirmée en 1979 par la Cour de cassation.

Mais pour beaucoup, le jeune homme n'aurait été que l'instrument d'un complot ourdi par des fascistes, voire par des dirigeants politiques de la Démocratie chrétienne gênés par les textes assassins de cet intellectuel marxiste atypique, éclectique et subversif.

Il y a une douzaine d'années, Pino Pelosi avait évoqué dans une interview télévisée la présence de deux autres personnes au moment des faits, expliquant n'avoir pas parlé plus tôt par peur de représailles. «Pino Pelosi n'a jamais voulu donner la moindre contribution à la possibilité de reconstruire la vérité sur la mort de Pier Paolo Pasolini. Il a emporté malheureusement avec lui les secrets qu'il était seul à connaître», a réagi Nino Marazzita, avocat de la famille du cinéaste, cité par l'agence AGI.

Un mystère qui reste entier

«Pino Pelosi était la seule personne qui aurait pu faire la lumière sur la mort de Pier Paolo Pasolini. Avec sa mort, il ne nous reste que les résultats des examens scientifiques», a déclaré Stefano Maccioni, l'avocat d'un cousin du cinéaste, selon la même source. Pino Pelosi avait affirmé qu'il venait de sortir de l'Alfa Romeo du réalisateur quand «au moins six personnes» sont arrivées à bord de deux voitures et une moto. Il faisait nuit, il n'a pas vu leurs visages.

«Deux personnes ont pris Pasolini et l'ont tiré hors de l'habitacle. Elles l'ont frappé à coups de bâtons» avant de lui rouler dessus avec une Alfa semblable à la sienne, avait raconté Pino Pelosi, dit «La Grenouille».

Selon la presse, ce récit pourrait être appuyé par le fait que des traces ADN appartenant à au moins trois personnes différentes ont été relevées sur les vêtements de Pasolini, même s'il n'est pas certain que les éventuels suspects puissent être identifiés.

Le mystère reste entier 42 ans plus tard: l'agence AGI rappelle que Pino Pelosi avait été condamné en première instance pour homicide «en concours avec des inconnus», avant sa condamnation définitive comme unique coupable: «Trop de choses ne coïncidaient pas: l'agression bestiale d'un homme athlétique et entraîné comme Pasolini de la part d'un chétif +Pino la grenouille+ semblait invraisemblable», ajoute l'agence.