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 Au détour d’une phrase Pierre Laurent a évoqué les sénatoriales de 2017 et je le comprends.

Souvenez-vous, il s’agit du renouvellement qui a fait 2011 ! Vous avez oublié ?

Mais si, pour la première fois dans l’histoire, le Sénat a élu un président membre du PS ! Ce fut la divine surprise qui annonçait sans faille la victoire du PS à la présidentielle de 2012 ! Cette année là le PS, le PCF et EELV s’étaient mis d’accord pour refuser des places au PG. Mélenchon avait crié «à l’abus de position dominante». Surtout dans le département qui lui était si cher pour l’avoir propulsé au Sénat en 1986 : l’Essonne. D’ailleurs, à la naissance du PG, il était sénateur puis, devenu député européen en 2009, il avait laissé la place au Sénat à sa suppléante Marie-Agnès Labarre. En 2011, le PS a préféré laisser la tête de liste à J-Vincent Placé. Le PG menace alors de présenter des listes autonomes. « Avoir des listes autonomes du PG serait contreproductif pour tout le monde, prévient M. Laurent, d'autant qu'il va falloir finaliser l'accord législatif pour 2012 dans la foulée. »

Bref, 10 élus EELV peuvent former un groupe ainsi que les 18 élus du PCF. Quant au PG il a perdu les deux sortants.

Comment cette promotion peut-elle franchir l’épreuve six ans après, quand le PS est passé de la plus haute à la plus basse marche de l’histoire ?

Pour EELV, avant même l'élection le groupe a été perdu car l'élu André Gattolin est passé à En Marche. Et tout indique que comme à l'Assemblée EELV devienne absent du Sénat.

Pour le PCF l’enjeu est d’autant plus grave que cette poussée PS de 2011 lui a fortement bénéficié dans le cadre de listes communes pour les départements avec proportionnelle, si bien qu'aujourd'hui 16 sortants sur 18 élus sont renouvelables.

J’en conviens, le corps électoral n’est pas de nature à rendre populaire cette élection mais, au deuxième degré, elle témoigne cependant de l’état du pays et après la vague de 2017 que peut-il se passer ?

 Le FN est depuis longtemps présent pour des scores minables vu sa faible implantation chez les élus locaux. Mais il est présent et avec la proportionnelle il a pu obtenir un élu. Il va faire à nouveau le forcing pour se manifester.

 La grande question, je l’ai déjà posée, concerne le mouvement En Marche. Aucun sénateur n’a pu être  à ce jour élu sur cette étiquette mais certains, surtout élus PS l’ont rejoint (il existe un goupe En Marche). Va-t-il à présent, sous ses couleurs, emporter le morceau, sans qu’il ait été présent dans les élections locales constitutives du corps des grands électeurs ? Le Sénat est typiquement l’institution «macronienne» par un centrisme de toujours qui faisait horreur au Général de Gaulle. Mais, vu la séquence électorale depuis 2012 c’est en fait la droite qui peut sortir gagnante !  Et le camp Macron fait profil bas.

 Pour le PCF, Pierre Laurent a finalement annoncé sa candidature à Paris mais cette fois sur liste PCF. Le corps électoral de la capitale est plus simple à maitriser et tout indique que Pierre Laurent sera réélu vu la victoire de Mme Hidalgo aux dernières municipales. Et ailleurs que va-t-il se passer ? Le maintien d'un groupe s'annonce difficile aussi Pierre Laurent fait observer : "Y-aura -t-il dans le futur Sénat un groupe pour porter la voix de l’opposition au pouvoir Macron et des propositions sociales, écologiques et démocratiques de progrès. Ce groupe, nous sommes les seuls capables d’en garantir la constitution."

Pour France insoumise, hasard du calendrier, le 24 septembre, date des sénatoriales, est le lendemain du 23, date à laquelle le mouvement sera dans la rue. J-P Damaggio