salon de Monclar

Un salon du livre ce sont quelques ventes et beaucoup de salive.

Le hasard a voulu qu’avec quelques personnes nous commencions par l’inventaire des décès. Tristesse !

Puis j’ai croisé un instit perdu de vue qui vendait des objets de collection. On a refait quelques histoires.

Les surprises de la passion tiennent à mes deux derniers livres.

D’abord avec un féru de préhistoire à Bruniquel. Un jeune qi, comme d’autres savait que pour les spécialistes Bruniquel est une référence mondiale. Il n’était pas au courant des projets de Centre d’interprétation de la préhistoire dans son village. Il faut que les élus puissent faire appel aux bonnes volontés. L’histoire du curé Nonorgues va pouvoir s’incruster dans la vie locale.

Ensuite un féru du bus de Raymond Granier à Laguépie. Il connaît bien les rénovateurs de l’engin passionnés par le personnage et qui auraient rassemblé des témoignages sur son histoire.

C’est un plaisir de pouvoir user un peu de salive à la mémoire de tels hommes.

J’ai eu aussi la chance de bavarder avec Roger Cavaillé auteur de livres où il romance sa vie de Normalien (j’y reviendrai). On avait correspondu par mail car il s’occupe avec le journal Tarn Libre de défendre les livres.

On s’est retrouvé plein de liens y compris avec l’Algérie. Son premier geste a été de me montrer la photo d’un élève de sa compagne au temps anciens où autour des années 70 ils enseignaient dans ce pays et qui vient de leur rendre visite.

Un salon du livre c’est aussi une histoire de fidélités.

J’ai donc eu le privilège de saluer le maire du village qui ne se souvenait plus très bien qui avait été directeur avant moi à l’école de Monclar. Monsieur Laymajoux avait été remplacé par Madame Faynot avant que par les hasards d’une fermeture de classe je me retrouve directeur d’école. Je n’ai jamais eu l’âme d’un directeur de quoi que ce soit !

Et dans cette école de Monclar j’ai croisé une enseignante dont le fils était là à vendre deux livres de contes. Michel Jacquet m’a fait le plaisir et la surprise de me raconter quelques travaux qu’il avait faits… en Equateur !

Il a travaillé à Guayaquil pour les producteurs de cacao. Une ville où au début des années 1980 il avait pu assister à la confrontation de trois agricultures. Celle très capitaliste des producteurs de banane qui sulfataient déjà en avion, les producteurs de riz et ceux qu’il soutenait, les producteurs de cacao. L’Equateur avait autrefois un cacao extra mais comme pour le phylloxéra en France, une maladie a décimé les plants qui ont été remplacés par des plants venus du Venezuela mais sans la qualité originale. Pour relancer le commerce d’un chocolat haut de gamme il fallait donc retrouver des plants assurant la qualité attendue d’un produit estampillé Equateur.

Quelques bavardages aussi avec une personne qui a été la «professeur» d’un des auteurs que j’ai publié. La vie est pleine de surprises et c’est justement ce qu’on appelle la vie.

Le salon du livre de Monclar n’existerait pas sans l’action d’une ancienne connaissance du temps de l’Ecole Normale, Robert Linas, ici en photo au moment où il croise ma sœur (de dos), perdue de vue depuis 40 ans, en visite au salon avec sa mère (donc la mienne).

Derrière moi un jeune faisait dessiner à la plume quelques enfants, un jeune qui a du mal à faire reconnaître ses talents.

La chaleur n’a pas été de nature à faciliter la vie du salon et au milieu de l’action j’ai raté le moment de poésie. J-P Damaggio