Nicaragua Nicaraguita - Carlos Mejía Godoy

Je cherchais sans succès dans mes papiers québécois le livre de Desjardins sur Aliénor et je tombe sur ce courriel du jeudi 16 décembre 2004 qui ne me rajeunit pas. Avec Marie-France nous partions pour le Nicaragua. Une tranche de vie. Je la recopie.

Je retrouve les trésors de Wajdi Mouawad dont à ma grande surprise je continue de vendre les exemplaires de mon livre sur lui qui s’épuise. Il est devenu actuellement le directeur du théâtre de la Colline à Paris et mon livre s’est lieux vendu que celui sur Benedetto pourtant important localement.

J-P Damaggio

 

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Pour les soleils carillonneurs!

Tu pars au Nicaragua

avec un saut à Miami,

peut-être es-tu déjà parti

pour fredonner 'Nicaragua, Nicaraguita'?

Que te vaudra un poème du Nord

au milieu des fruits et des volcans ?

D'ailleurs, je radote sans doute,

je ne peux pas ne pas t'avoir fait lire déjà

ce refus d'être enfermé dans les gagnages du poème.

Je le relis pourtant ce poète tocson

avec toujours la même émotion,

la même urgence existentielle

d'autant que j'irai entendre ce soir

Chloé Ste-Marie, une Belle au bois des mots

qui a le courage de dire la poésie.

Elle consacre un spectacle entier

à Miron le Magnifique

qui lui a su reprendre en révolutionnaire

les mots perdus, enfouis sous les fougères

le cri des bêtes et le patois commun, batèche

batèche, le Baptême, le sacre transformé en feu

par la colère du pain quotidien

et l'âme sciée en deux.

 

Voici donc Séquences sans détour

comme une carte postale impertinente, astineuse

graphes, écho, tambour sous nos semelles de glace

montrant le paysage sans pays

imaginant aussi l'inverse crevé de sel

comme un lac jeté à la poubelle

comme les condamnés de l'histoire sans bruit

D'ailleurs, qu'est-ce fait le peuple au Nicaragua?

Eh bien, j'ai lu que «les hommes, les femmes, les enfants respirent, baillent, soupirent, tremblent, jubilent, parlent, écoutent, rient, pleurent, mangent, dorment, rêvent, espèrent, regardent, observent, réfléchissent, travaillent, agissent, glandouillent, boivent, jouent, vieillissent, mûrissent, s'assagissent, perdent, gagnent, blaguent, comme tous les autres enfants, comme toutes les autres femmes, comme tous les autres hommes que comptent la planète» (un voyageur dont le nom, hélas, m'échappe).

Bon voyage et «que le poème soit le chemin de l'homme»!

Jacques Desmarais.

 Cette histoire de la batèche est analysée ICI.

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