En Catalogne, une faction de Podem (la branche catalane de Podemos) – contre la volonté d’Iglesias – a refusé de rejoindre le parti fédérateur Catalogne en commun (CiC), fondé en janvier par la maire de Barcelone, Ada Colau. CiC intègre la majorité des organisations catalanes de "gauche", y compris l’Initiative pour les Verts de Catalogne (ICV), la Gauche unie et alternative, Barcelone en Comú et les verts du parti Equo.

Podem a annoncé publiquement son soutient au référendum et invite les gens à voter comme un acte de protestation contre l’obstination et l’autoritarisme du gouvernement espagnol mais à la différence des sécessionnistes ils ne considèrent pas le vote comme contraignant et s’opposent donc à une déclaration d’indépendance immédiate.

L’annonce de Podem va à l’encontre de la position déclarée de la direction de Podemos, exprimée par Iglesias, qui a déclaré : « Si j’étais citoyen catalan, ce que je ne suis pas, je ne participerais probablement pas au référendum du 1ᵉʳ octobre et je ne voterais pour aucune des options. » Il a déclaré que le vote n’avait « aucune garantie » et ne peut donc pas être considéré comme un exercice du « droit de décision ».

Vous suivez ?

1 ) Il y a les séparatistes majoritaires qui vont de la droite à une part de l'extrême gauche (la CUP)

2 ) Il y a les forces catalanes autour d'Ada Colau qui acceptent le référendum mais n'en valident pas le résultat.

3 ) Il y a la position d'Iglesias et de Podemos : le référendum est inutile.

 

La position de la direction de CiC a été approuvée le 8 juillet par l’exécutif de CiC, qui a voté à 85 contre 29 à l’appui de «toutes les mobilisations en défense du droit de décision» mais a ajouté qu’il ne demanderait pas activement la participation au référendum «parce que nous comprenons que, probablement, certaines choses n’ont pas été bien faites dans la feuille de route» vers l’indépendance.

La déclaration de CiC représente un échec pour les séparatistes catalans, qui ont courtisé le parti de Colau. En effet, le positionnement des dirigeants de Podemos et de CiC signifie qu’un référendum ne peut être tenu que par un accord avec le gouvernement espagnol et par des amendements de la constitution, chose pratiquement impossible étant donné que de tels changements exigent le soutien des trois quarts des députés du Congrès.

Hier après onze heures de débat, le texte pour organiser le référendum a été approuvé par les 72 députés indépendantistes (sur 130). Les députés du Parti socialiste catalan (PSC), de Ciudadanos (centre, libéral) et du Parti populaire (PP, droite) avaient auparavant quitté l’hémicycle en signe de protestation. Peu avant minuit, le gouvernement catalan a signé le décret de convocation officielle du référendum. « Personne n’a l’autorité ni le pouvoir de confisquer notre droit à décider », a conclu le président catalan, Carles Puigdemont.

Et les députés de Podem ? La division s'ajoute à la division.

« Tout cela est un acte antidémocratique sans précédent. Nous ne pouvons pas valider cette loi ni la procédure de bandit avec laquelle il est prévu qu’elle soit adoptée. Vous brisez la démocratie », a ainsi déclaré le député écologiste catalan Joan Coscubiela, (ICV) qui défend pourtant l’organisation d’un référendum d’indépendance, mais légal, concerté avec Madrid et disposant de toutes les garanties.

Cette position de Coscubiela n'était pas celle retenue par le groupe qui avait opté pour l'abstention. Mais en fait les députés se sont trouvés face à un coup de force des séparatistes. Les députés non indépendantistes se sont plaints de ne pas avoir eu le temps de l’examiner au préalable et de préparer des amendements, d’autant qu’elle a été élaborée en secret par les élus indépendantistes, comme les autres lois touchant au référendum. Elle a de plus été votée selon une procédure d’urgence – avec lecture unique – autorisée par une récente réforme du règlement.

Donc va-t-il y avoir scission dans le groupe ? Demain les dirigeants de Podem en discutent.

La loi est celle du vote unique et la discipline de vote est remise en question. Le débat est entre ceux qui finalement disent non à la loi su le référendum et ceux qui veulent s'abstenir.

De son côté Rajoy a décidé avec l'appui du PSOE et de Ciudadanos de frapper fort : il empêche l'impression des bulletins et veut empêcher la tenue des urnes. Le gouvernement de Mariano Rajoy a demandé à la haute cour de déclarer la loi nulle et d’examiner s’il y a lieu de poursuivre pénalement la présidente du Parlement régional, l’indépendantiste Carme Forcadell, et les membres du bureau du Parlement qui ont soumis la loi au vote.

D'ici le 1er octobre le bras de fer va nous conduire où ?

Jean-Paul Damaggio