ecole nromale

Sous une reliure à l’entête de l’EN de Montauban un dictionnaire français-anglais dont je donne la préface pour témoigner d’un moment de l’histoire pédagogique.

Il date de 1889 juste au moment où s’ouvre l’EN de Montauban avec son inscription intelligente car contrairement à Agen il y a juste écrit : Ecole Normale.

Dans le Lot et Garonne un peu avant c’était seulement l’Ecole Normale des Filles pour le 47 et le 82 et l’anomalie a voulu qu’elle soit des les années 50 une des premières EN mixtes (j’y reviendrai) !

C’est la seizième édition par Elwall, Alfred (1818-1889). Autant dire un bestseller (car en anglais les livres à succès sont ceux qui sont le plus vendus). J-P Damaggio

PRÉFACE DE LA QUATORZIÈME ÉDITION.

En retirant du titre de ce dictionnaire les mots « Guide de l'élève » qui y figuraient dans les éditions antérieures, mon intention n'a pas été de changer le caractère de mon livre : j'ai voulu seulement indiquer que, cédant à des demandes qui m'ont été adressées de toutes parts, j'en ai agrandi la sphère d'utilité.

Mon but, en effet, est toujours de mettre les élèves des établissements d'instruction publique, tant en France que dans les pays de langue anglaise, à même de faire de bons thèmes et de bonnes versions, en les guidant dans le choix des mots à employer, en les empêchant, par exemple, comme cela n'arrive que trop souvent aujourd'hui par l'emploi de lexiques à l'épreuve écrite des différents baccalauréats, de prendre le bûcher d'Hippias pour le bûcher où l'on conserve le bois qui doit nous chauffer en hiver ; le rossignol qui chante si mélodieusement dans nos jardins — that nightly to thee her sad sont' ntoztrneth, well—pour celui qui, la nuit aussi, chante quelquefois dans les serrures de nos portes ; et de ne pas permettre à Anne d'Autriche d'aimer la pompe (aspirante et foulante) et l'éclat (d'un obus), ni à Christophe Colomb «d'ôter le couvercle de l'Amérique », mais bien « de la découvrir », par les calculs de sa science et sa persévérante énergie. En cela, rien n'est changé. Il en est de même pour bien d'autres avantages qu'offrait à nos élèves mon ancien dictionnaire, tels que la désignation des prépositions que demandent les verbes et les adjectifs, l'indication des modes et des temps que régissent certaines conjonctions et certains verbes ou adverbes, la traduction bien précise des idiotismes, des proverbes et des verbes réfléchis, etc.

Bien au contraire, j'ai encore facilité les recherches, j'ai éclairé les difficultés par plus d'exactitude dans les divisions et par l'addition de nombreux exemples, empruntés surtout à la dernière édition du dictionnaire de l'Académie française.

Mais j'ai voulu faire plus : « Votre dictionnaire français-anglais », m'a-t-on dit, «guide excellent pour ceux qui étudient, a négligé ceux qui, sachant à peu près la langue française, veulent lire ou traduire nos auteurs, nos romanciers modernes, ceux aussi qui ont à traduire des ouvrages spéciaux, ou qui, en lisant même les faits divers d'un journal, sont embarrassés pour trouver l'équivalent de tel ou tel mot, utile seulement dans telle ou telle profession. » C'est à ces demandes que, dans cette nouvelle édition, je me suis appliqué à satisfaire, sans sacrifier en rien ni la méthode, ni la clarté, qui ont valu à mon œuvre la faveur dont elle a joui jusqu'ici. Je le dis avec confiance, l'on pourra, à l'aide de cette nouvelle édition, lire les auteurs français, modernes ou anciens, traduire un prospectus ou les déclarations nécessaires pour obtenir un brevet d'invention et comprendre les mots techniques que pourront présenter les entrefilets d'un journal. Je crois pouvoir dire qu'à cet égard mon livre, sous un format plus commode, contient réellement beaucoup plus que les grands dictionnaires, tant j'ai essayé de ne rien omettre de nécessaire et d'écarter le superflu.

Mon titre de professeur à l'École supérieure des Mines est une garantie pour la traduction exacte des termes techniques. Pour la botanique, mon docte collègue et ami, M. Reynolds, a bien voulu m'aider de son savoir, et m'a mis à même de donner leurs vrais noms à toutes ces jolies fleurs qu'on rencontre aujourd'hui, non seulement dans les promenades, mais aussi dans les livres; et M. Gas, ancien capitaine au long cours, m'a dressé, avec une bonne grâce parfaite, une liste de termes de marine très complète et très exacte. Je leur offre ici, à tous deux, mes sincères remerciements. Je dois aussi reconnaître mes obligations au petit dictionnaire de poche, si original et si bien fait, de M. Bellows, qui m'a fourni un certain nombre d'expressions, surtout dans le genre familier. Son livre est le seul dictionnaire français-anglais que j'aie consulté.

De leur côté, mes honorables éditeurs n'ont rien négligé pour que cette nouvelle édition égale, par la beauté des caractères et l'ordre qui y préside, les plus belles impressions anglaises. M. Haeber, correcteur habile et toujours attentif, qui m'avait déjà été d'un si grand secours lors de la publication de mon dictionnaire abrégé, a paru redoubler d'efforts dans cette œuvre nouvelle, afin de la faire approcher autant que possible d'une parfaite exactitude.

Mes collègues dans l'enseignement de l'anglais, qui m'ont tant encouragé par l'accueil qu'ils ont fait aux premières éditions de cet ouvrage, et dont les conseils m'ont été si utiles pendant que j'en faisais la révision, accueilleront, je n'en doute pas, cette nouvelle édition avec la même faveur que les précédentes. Ils connaissent le zèle que j'ai toujours montré pour encourager et faciliter l'étude d'une langue utile, et, malgré tout, plus que jamais nécessaire : ils me soutiendront dans mes constants efforts.