Neruda_par_Gaucheron

Jacques Gaucheron est un poète discret. Il s'engage dans la Résistance alors qu'il est étudiant. Professeur de philosophie et militant du PCF, il a consacré l'essentiel de son œuvre à la poésie. Il a été l'un des collaborateurs des revues La Nouvelle Critique et Europe. Le 30 octobre 2009 Marie-José Sirach évoque sa mort dans L'HUMANITÉ. JPD

"Jacques Gaucheron nous a quittés. Il laisse une œuvre injustement méconnue. Il fut professeur de philosophie, enseignant à l’École des arts décoratifs. Il était de ces écrivains communistes qui travaillaient dans le silence. Entré en résistance contre l’occupant nazi alors qu’il était étudiant, il fut un militant de tous les instants, l’ami intime de Paul Éluard, Tristan Tzara, Louis Aragon, Jean Marcenac, Eugène Guillevic, Léon Moussinac ; mais aussi de musiciens (Joseph Kosma), de peintres (sa longue amitié avec Boris Taslitzki en témoigne). Il a tissé une œuvre sans faux-semblants, où les mots n’étaient pas des paravents mais « une promesse de bonheur », selon une expression chère à Stendhal, explorant le monde et ses alentours – le fleuve, le ciel, l’océan, les couleurs du vent – où l’homme recouvrait sa place dans les méandres de ses paysages fragmentés. Gaucheron était de ces poètes qui aiment la poésie passionnément, curieux du travail de ses pairs, toujours à l’affût d’écritures singulières et d’un même mouvement obstiné, aimant à évoquer les plus anciens, Lautréamont, Villon…

Il consacre toute sa vie à la poésie, collabore à la Nouvelle Critique, à la revue Europe. Son essai la Poésie, la Résistance fait référence en la matière. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages, dont un opéra-poème, les Canuts, écrit en 1963, puis du Cahier grec (la Petite Sirène, 1968), À la santé des argonautes (Europe-Poésie, 1973), la Maison du sourd (1982), un très bel hommage à Goya… En 1990, il reçoit le prix Apollinaire pour Être mon ombre et la lumière. Plus tard, il publie Paul Éluard ou la fidélité à la vie.

En 1997, il écrit Fabuleusement nôtres et enfile la casquette d’éditeur en créant la Malle d’Aurore. Depuis, le Frette-sur-Seine où il vivra ses dernières années, il publie des fables modernes et autres comptines éternelles. Ses derniers ouvrages sont publiés au Temps des cerises. Jacques Gaucheron sera inhumé au cimetière de Dambron (Eure-et-Loir) le 2 novembre. Auparavant, un recueillement à la chambre funéraire d’Argenteuil (65, rue Henri-Barbusse) aura lieu entre 9 heures et 9 h 30."