Nous avons visité les lieux : ICI. Il s’agit d’un rêve grandiose de Correa : construire une Silicon Valley au nord de l’Equateur (Une cité de la connaissance). Nous l’avons visité tellement nos amis équatoriens nous en ont parlé. Je doute que beaucoup de touristes soient allés jusqu’à Urcuquí, Imbabura.

Il me tardait de savoir ce que le nouveau président allait faire de ce projet et nous sommes fixés après une visite et beaucoup de discours intervenus ces derniers jours.

D’abord faire le point sur la réalité et le constat n’est pas brillant.

La construction a débuté en 2012 avec un investissement de 347 millions de dollars (237 publics et 110 d’un crédit d’une banque chinoise).

La construction de cinq édifices devait coûter 60 millions mais nous l’avions observé il y a un an : le chantier est au point mort. Pourquoi ? Malversations ! Les murs ne pouvant supporter le toit ! Il faudra 48 millions de plus pour réparer l’erreur.

Ce furent 4462 hectares qui furent nationalisées mais en fait l’essentiel reste vide. Les 1345 hectares qui devaient être utilisées sont ramenées à 255 !

Ceci étant Lenín Moreno a décidé de poursuivre le projet en l’adaptant aux nouvelles conditions présentes.

L’université compte pour le moment 1100 élèves mais seulement 12 salles de classe et quatre laboratoires ! Au total 2500 personnes vivent à Yachay or la ville avait été dimensionnée pour 17 000 personnes en décembre 2018 ! Une usine de fabrication de machine électrique avait été projetée au milieu d’autres innovations. Une zone pour l’agro-tourisme, une autre pour les bio-technologies. En conséquence des cours sont donnés dans des salles de la ville d’Imbabura. Notons le côté démocratique du projet, les étudiants bénéficiant de la gratuité des études.

Pour le moment les dirigeants de l’université travaillent… à Quito (2 h 30 de route). Ils sont 743 et le gouvernement demande à ce qu’ils s’installent à Yachay.

Moreno rappelle son sens pratique : il l’avait demandé sans succès, il y a trois ans, mais à présent on va construire la discothèque indispensable car pour lui les études doivent s’allier avec le divertissement.

J-P Damaggio