Congrès du SNI 1990

Quand je suis devenu instit en 1973 il y avait LE syndicat, avec des tendances mais c’était LE syndicat. Ceux qui le dirigeaient étaient aussi à la MGEN, à la MAIF, à la CASDEN, à la CAMIF…

Puis en TetG est arrivé le SGEN et petit à petit le nombre de syndicats a augmenté en même temps que diminuait le nombre de syndiqués !

Jusqu’à ce jour de 1990 où il est apparu que nous allions vers l’explosion en plein vol de la FEN (ça prendra deux ans).

Je savais que cette photo existait quelque part mais je suis tout surpris de la retrouver. Trois hommes sérieux, aux bras croisés, en un congrès historique, pour y représenter le SNI du Tarn-et-Garonne. Sans le dire mais il suffisait d’écouter, c’était le dernier congrès du SNI-PEGC. La musique était bien rodée : chaque tendance avait son temps de parole dans la suite d’un ordre du jour bien ficelé. A ce moment-là, les dirigeants de la FEN (et donc du SNI) avaient décidé d’en finir avec cette fédération pour créer un syndicat capable de s’inclure dans une union syndicale qui deviendra l’UNSA. Pourquoi ? Parce que le gouvernement travaille avec des unions syndicales et non avec des fédérations d’un corps de métier. Face à la CGT, la CFDT, FO, la CGC et la CFTC, la FEN du fait de son autonomie, était en marge.

La création de l’UNSA a donc coupé en deux la FEN, une partie allant vers la dite UNSA et l’autre partie confirmant l’autonomie avec la FSU, syndicat dans lequel chaque secteur éducatif gardait sa «boutique», le SNES pour le deuxième degré et le SNUIPP nouveau, pour le premier degré. Donc dans ce Congrès de Limoges chacun jouait à cache-cache.

L’originalité de ma présence tient au fait que pour une fois les dirigeants locaux du SNI (ici M. Malhomme et Estel) avaient enfin accepté d’amener un représentant des minoritaires.

Un bien mauvais représentant car à la suite de ce congrès, j’ai décidé de démissionner n’ayant aucun goût pour accompagner un cadavre jusqu’au cimetière. Une attitude pas très sympathique pour mes camarades minoritaires qui ont ensuite travaillé à créer le SNUipp mais, en tant que minoritaire, je n’étais pas favorable au maintien de la coupure entre premier et second degré. Il a fallu ensuite s’incliner devant cette réalité.

J’étais intervenu à ce congrès sur les questions internationales mais en dehors des courants en place, et donc un peu comme un extra-terrestre.

J’ai surtout ramené de Limoges un livre magnifique découvert dans une librairie de la ville : Limoges ville rouge.

Depuis, au risque de choquer, je prétends que la FSU n’a rien fait de plus que la FEN et que le Syndicat des Enseignants (SE) de l’UNSA a payé lourd son choix de briser l’autonomie. Les enseignants ont tenu à garder leur propre originalité, en dehors des grandes centrales, la CGT, qui a son propre syndicat des enseignants, n’ayant rien gagné à la nouvelle situation, contrairement à ses espoirs. Les syndicats Solidaires ont aussi leur propre syndicat d’enseignants, Sud éducation, qui n’a pas réussi à percer. Vous faites le total et vous arrivez aisément à six ou sept syndicats d’enseignants ! J-P Damaggio

En document de l'époque, un article un peu long que je verse à l'histoire du syndicalisme   La_fin_de_la_FEN

Quand je tape sur google congrès 1990 SNI-PEGC je tombe sur cette seule référence :

MARDI, 19 JUIN, 1990, L'HUMANITÉ

Le congrès du Syndicat national des instituteurs et des professeurs d'enseignement général des collèges (SNI-PEGC) s'ouvre ce matin au palais des exposition de Limoges. Les travaux se prolongeront jusqu'à samedi. Le Sni-PEGC, syndicat le plus nombreux de la Fen, revendique aujourd'hui 142.000 adhérents en activité professionnelle (pour 350.000 instituteurs et institutrices et 75.000 PEGC) et 30.000 syndiqués retraités. Le résultat des élections qui se sont déroulées dans les sections départementales ne devait être connu qu'à l'issue du Conseil national qui a siégé hier jusqu'à une heure tardive. Selon un premier commentaire de Jean-Claude Barbarant, le secrétaire général, elles seraient marquées par une «stabilité d'ensemble». Si cette tendance se trouvait confirmée, elle devrait engager la direction à la prudence dans sa volonté de participer à la recomposition syndicale qu'entend impulser la direction de la Fen. Les évolutions de la profession et du systéme éducatif devraient également marquer les débats.