Le mode de raisonnement est connu : Rajoy est contre la Catalogne, je suis contre Rajoy donc je suis pour l’indépendance de la Catalogne (et laissons de côté les critiques possibles).

Hier : les USA sont contre l’URSS, je suis contre les USA donc je suis pour l’URSS (et laissons de côté les critiques possibles).

Aujourd’hui : le FN est contre l’islamisme, je suis contre le FN donc je suis pour l’islamisme (dans une version plus ou moins tendre).

 Penser à partir de la pensée de l’adversaire est un sport rendu facile par les médias car c’est ça qui fait la Une. Et on devine pourquoi ! Pour tenir emprisonnée la pensée critique !

 Pour une raison que je ne m’explique pas, j’ai toujours considéré que ce type de pensée est une négation de la pensée ! Au sein du PCF d’abord, où j’ai toujours considéré que l’URSS devait être jugée d’abord par rapport à elle-même, sous les cris de la bien pensance : «Et le rapport de force international ? » La meilleure façon de nier le rapport de force international était de placer l’URSS à la remorque des USA, mais bon on connaît la suite, et donc l’efficacité de cette défense de l’URSS.

 Preuve que je ne suis pas d’accord avec Rajoy : je suis pour que le référendum ait lieu dans des conditions légales, mais dans ce référendum ça serait pour dire NON aux capitalistes catalanistes et donc NON à l’indépendance. Et ce peuple qui manifeste, je ne suis pas à ses côtés ?

 Je le signale en passant à J-L Mélenchon, la rue appartient parfois à la droite et le peuple qui a manifesté contre le mariage pour tous était beaucoup plus nombreux que celui qui a manifesté contre les ordonnances. Et il existe d’autres exemples bien sûr, sans rien dire de la marche sur Rome.

 Parce que je suis pour les nations, je suis contre les nationalistes et le combat en Catalogne n’est pas un combat pour une nation mais pour un nationalisme. Existe-t-il pire que le nationalisme dans le combat social ?

Parce que la droite catalaniste n’est pas d’accord avec la droite espagnole il faudrait voler à son secours pour le bien de la Catalogne ? Les forces de gauche qui soutiennent cette opération en feront les frais, toute l’histoire le démontre. Mais surtout c’est collectivement que nous en faisons déjà les frais ! Réduire les «nations» (ce que j’appelle le nationalisme) à des nations ethniques, religieuses, tribales c’est assurer le succès du capitalisme mondialisé qui ne veut plus, face à lui, des entités historiques, mais des féodaux assujettis. J-P Damaggio