Christophe Ventura vient de publier sur le site Mémoire des luttes un article au titre neutre : L’Amérique latine toujours plus proche de la Chine.

Politiquement je devrais me sentir proche de Christophe Ventura et pourtant je me retrouve rarement d'accord avec lui !

Il peut écrire sans broncher : "Depuis Pékin où il effectuait un voyage officiel entre le 15 et le 18 mai 2017, le président argentin Mauricio Macri– qui a également pris la présidence pro-tempore de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) pour cette année – a ainsi pu exposer cette stratégie globale."

Mauricio Macri, le néolibéral par excellence prêt à défendre une stratégie globale d'union de l'Amérique latine et de la Chine ! Quelle stratégie globale ?

Il rapporte des éléments de sa déclaration : "Macri a ainsi déclaré : «Nous sommes en train de maximiser la dimension bi-océanique régionale à travers la mise en place d’un dialogue systématique et d’un agenda de convergences entre les deux principaux blocs économiques d’Amérique latine : le Mercosur et l’Alliance du Pacifique». Et d’annoncer la relance de l’Initiative pour l’intégration de l’infrastructure régionale sud-américaine (IIRSA) créée en 2000 à l’initiative du Brésil de Lula pour financer la modernisation des infrastructures sud-américaines en matière de transports, de communications, d’énergie, etc. Pour le président argentin, les sud-américains ont «intérêt» à ce que l’initiative «une ceinture, une route» (One Belt, One Road) – projet de financements d’infrastructures dans le monde entier lancé par la Chine depuis 2013 – «s’articule avec l’IIRSA pour conduire nos régions vers la clé du 21e siècle : la connectivité». Il s’agit aussi selon lui d’aboutir rapidement à la signature d’un accord de libre-échange entre le Mercosur et la Chine."

Pour sa troisième rencontre avec Xi Jinping en un an, du jamais vu dans les relations bilatérales entre les deux pays, Macri joue la carte de la coopération. Et si l'implantation de la Chine en Amérique latine n'était qu'une version nouvelle de l'impérialisme ? La modernisation des entreprises de transport, est-ce la création du grand canal au Nicaragua ? Le projet de route transocéanique lancé par Lula est à la source des corruptions les plus folles et des dégâts environnementaux les plus énormes.

Oui il y a une différence entre le pillage des matières premières en Amérique latine par les USA ou par la Chine : les USA doublent le pillage d'interventions politiques, et la Chine non. La Chine ne cherchent pas à assurer le paiement des dettes par les politiques, mais par des "retenues" économiques. Elle exige un paiement en matières premières plus qu'en finances. Pour le reste, la dépendance est la même ! Les dettes ne sont donc plus des sommes à verser, mais des ventes par avance de matières premières ! Parmi ces matières, il y a le poisson que les bateaux chinois pillent sans vergogne et en dépit des lois nationales et internationales.

J'ai déjà étudié la question avec l'Equateur à partir des travaux d'Alberto Acosta. Ou avec le Nicaragua à propos du canal.

Dans le cadre d'une nouvelle division internationale du travail intervenue depuis le début des années 80, les USA gardent la maitrise de ce qu'on appelle la révolution informationnelle, et la Chine prend en charge ce qu'on a appelé auparavant la révolution industrielle. Il existe bien sûr des liens entre les deux mais pour schématiser les USA ont Amazone, google, facebook, et la Chine fabrique les produits vendus par Amazone.

Dans quelques jours il y a le prochain congrès du Parti Communiste Chinois qui va pérenniser ce partage en attendant que la Chine puisse à son tour assurer sa domination sur la "com".

Une fois de plus je connais le discours binaire : "si pour affaiblir les USA il faut saluer la Chine, allons-y". Or le système chinois n'a pas fait preuve d'avancées écologiques, sociales, humaines. Pourquoi faudrait-il toujours choisir entre la peste et le choléra ? Par réalisme ? J-P Damaggio