ORQUESTA TIPICA FERNANDEZ FIERRO, "011"

 

Nous sommes à Munro, à 20 km un peu au nord de Buenos Aires. Pas très loin vous trouvez Boulogne sur mer ! Près de la Poste de la ville, sur l'avenue Velez Sarsfield vous arrivez au centre culturel dans l'ancien cinéma Astral. Il est frappant de constater que partout les cinémas disparaissent ! A deux pas, il existe un supermarché Carrefour express. Et en souvenir du cinéma, nous avons la Pizzeria Astral qui a belle allure avec sa déco Pepsi. Les platanes font un peu d'ombre.

Sur le centre culturel, où nous allons entrer, quelques tags dont ce slogan : Patria si, Colonia, No.

La salle est nouvelle, très propre, à la sonorisation parfaite et l'équipement très professionnel. Le groupe qui va jouer est une sommité du pays : Fernández Fierro.

En 1 septembre, la soirée s'annonce parfaite : les places étant gratuites en deux jours, tout était plein. Sauf que la gratuité à un revers. Le public, malgré la notoriété du groupe, n'avait pas une connaissance exacte du contenu du concert. Dès le deuxième morceau l'enthousiasme du départ commença à baisser parmi les musiciens. L'affiche était trompeuse : à l'image des spectacles classiques de tango elle était un cliché pour évoquer un groupe pas du tout cliché. Cependant, sans grande félicité, le spectacle arriva presque à son terme jusqu'au moment où un musicien déclara : "Nous voulons qu'apparaisse Santiago Maldonado." “Queremos que aparezca Santiago Maldonado”.

Non ce jeune Santiago n'est pas un musicien, un artiste, c'est une épine dans le pied du gouvernement actuel. C'est un disparu des temps actuels, un militant social arrêté par la police et dont personne n'a de nouvelles. Dans le pays, cette disparition a déclenché un vaste mouvement de solidarité... Mais jusqu'à quel point ?

Dans la salle de Munro, à cette phrase, la moitié du public, d'un coup, quitta la salle en insultant des musiciens stupéfaits. Il n'y a pas très longtemps cet engagement solidaire aurait suscité de nombreux applaudissements. Ce n'est plus le cas aussi au-delà de ce fait, les musiciens y ont décelé le témoignage d'un mal social très profond. Qui a permis l'élection de Macri en Argentine ou Trump aux USA. Phénomènes électoraux diront certains avec dédain ! Le concert a témoigné d'un état d'esprit qui court sur la planète comme a courru en son temps l'esprit de 68. Mais à d'autres fins... J-P Damaggio