Je cherchais des informations sur un révolte des tisserands de Lodève en 1840 et je tombe sur cet article du Midi Libre du 26 février 2014. Il revient sur un sujet que j'ai tant étudié donc je le reprends ici. JPD

Retour sur un fait historique local.

Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 a mis fin à la IIe République. Dans la région, ceux qui se sont rassemblés pour défendre leur idéal de liberté, de solidarité et de justice sociale ont été arrêtés pendant tout l'hiver. Des commissions mixtes composées du préfet, d'un commandant et du procureur vont siéger du 5 février au 10 avril 1852 pour les juger. Soixante-dix-sept des plus actifs seront internés ou déportés en Algérie.

Un demi-siècle plus tard, Jopeph Sahuc, historien local, a raconté l'événement d'après les éléments qui il a pu recueillir : « Longtemps, avant l'heure fixée, la grand-route, aux abords de la prison (l'actuel lycée professionnel NDLR), se couvrit d'une foule serrée parmi laquelle des parents, femmes et enfants des détenus. La police réquisitionna chez les voisins des charrettes et les fourgons qu'elle pu y trouver, puis des chevaux et des cordes. Il allait être minuit, lorsqu'une petite porte de la maison d'arrêt s'ouvrit et des hommes attachés deux par deux en sortirent. On les fit monter sur des fourgons, par groupe de dix environs, tandis que l'abbé Galinier distribuait des secours à ceux qui en avaient besoin. Il y avait là des Saint-Ponais et des Riolais. Le convoi se mit en marche, escorté de soldats du 35° de ligne que l'on avait fait boire et qui étaient pour la plupart très excités. Malgré tout, quelques uns étaient, dit-on, favorables à l'insurrection. Ce cortège traversa Saint Chinian avant le jour. Au matin, il arriva à Béziers où les hommes furent cantonnés dans les casernes et les prisons. »

Le trajet jusqu'à Sète se fit sur un bateau par le canal du midi et l'étang de Thau. Le départ vers l'exil africain se déroula en deux fois, le 22 et le 25 mars, au moyen de deux vaisseaux à hélice : l'Eclaireur et le Grondeur. De cet épisode tragique il ne reste qu'une stèle au milieu des bruyères sur un plateau proche du village de Riols.