L'entretien avec osvaldo_guayasamin

Guayasamin Osvaldo (2)

Ce matin en me levant je n'imaginais pas ce bilan sur Guayasamin mais en éliminant 20 kg de mes archives j'ai sauvé cet entretien de 1999 avec Guayasamin, dont l'auteur avait oublié la publication quand en 2002 s'inaugure enfin le musée final voulu par le peintre à Quito, et que Françoise Escarpit pense l'offrir en exclusivité. Celui de 2002 est sur les archives de L'Humanité mais pas celui de 1999. En 2002 l'entretien est donné avec cet article ci-dessous. J-P Damaggio 

 L'HUMANITÉ SAMEDI, 7 DÉCEMBRE, 2002

Patrimoine. L'Équateur a allumé la flamme éternelle de la Chapelle de l'homme, testament posthume du grand peintre Oswaldo Guayasamin.

Quito : un musée aux portes ouvertes

La semaine dernière, en présence notamment de Fidel Castro, une grande cérémonie s'est déroulée pour pérenniser le fonds accumulé tout au long de la vie de l'artiste, depuis ses premiers dessins et des centaines de tableaux, jusqu'à sa collection d'objets précolombiens et d'ouvres d'artistes latino-américains.

" Pensons avant de rentrer dans sa peinture, car il ne sera pas facile d'en revenir. " (Pablo Neruda)

Marié " quatre ou cinq fois, je ne sais plus ", Oswaldo Guyasamin se fâchait très fort quand on lui disait qu'il était machiste. À près de quatre-vingts ans, il espérait retrouver une femme et avoir " deux enfants de plus " des sept qu'il avait déjà. Il se définissait comme un " humble athée ", pour lequel l'amour " est un acte religieux, spirituel, aussi merveilleux qu'écrire de la musique ou des poèmes, un acte divin ". " J'ai été un homme passionné, avouait-il, j'aurais voulu que chacune de mes femmes me dure toute la vie mais cela n'a pas pu être. Une Française de Paris, une de Marseille, une Italienne, une Espagnole ! Mais la dernière est partie il y a cinq ans et je suis seul maintenant. "

Seul dans sa maison faite de ses mains, dominant les ravines de Quito. Seul avec un but, la construction de la Chapelle de l'homme dont il a défini l'architecture, les volumes et surveillé la construction. Dans son atelier, les esquisses, les couleurs, les maquettes, pour que tout soit prêt, pour que rien ne s'arrête s'il venait à mourir.

Guayasamin était aussi un homme d'un immense engagement personnel. L'une de ses dernières sorties, en janvier 1999, fut pour Cuba. Pour les quarante ans de la Révolution, il était, en effet, à Santiago, aux côtés de deux prix Nobel de littérature, José Saramago et Gabriel Garc¡a M rquez. Jamais il n'avait été intéressé par " le bordel des États-Unis " et son premier voyage à Cuba fut avec et pour la Révolution. C'est lors de ce voyage qu'il fit le premier de ses quatre portraits de Fidel Castro. Pour les soixante-dix ans du président cubain, il peindra le quatrième, une toile de plus de deux mètres de haut.

C'est pour cela que, tout naturellement, Fidel Castro était, la semaine dernière, présent à Quito, invité du président sortant, Gustavo Noboa, et de la Fondation Guayasamin que le peintre avait constituée, en 1976, avec ses enfants, pour préserver le fonds accumulé tout au long de sa vie, depuis ses premiers dessins et des centaines de tableaux, jusqu'à sa collection d'objets précolombiens et d'ouvres d'artistes latino-américains. Il voulait que ce patrimoine reste en Équateur, véritable musée aux portes ouvertes, lieu de rencontres, de vie et de diffusion artistique. Les fresques, couvertes de corps faméliques et de visages de désespoir, racontent les cultures précolombiennes, la tragique histoire des Indiens exterminés, des esclaves noirs, et les luttes d'un peuple métis pour l'indépendance. Une peinture, disait Guayasamin, " faite pour blesser, griffer, frapper le cour des gens. Pour montrer ce que l'homme fait à l'homme ".

Avant sa mort, il avait demandé à ses amis de toujours laisser, dans ce monument de béton, " une lumière allumée " car, leur disait-il, " je reviendrai un jour ". C'est cette flamme, " la flamme éternelle pour les droits de l'homme ", qu'ont allumée Fidel Castro et le président vénézuélien, Hugo Ch vez. " Il était la personne la plus noble, la plus transparente, la plus humaine que j'ai jamais connue, a rappelé le président cubain. Il a voulu légué à son ethnie indienne, à son peuple indien, une ouvre immortelle. " F. E

Oswaldo Guayasamin : " Le temple du Soleil, version XXIe siècle "

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