Dans le cadre du salon des livres de Castelsarrasin j’ai eu l’occasion de bavarder un peu avec Alain Daziron et nous avons échangé quelques mots au sujet de mon livre sur Marxisme et occitanisme selon Félix Castan.

Il l’a trouvé schématique ou même simpliste quant à l’évocation des rapports entre Castan et la Maison de Jeunes de Larrazet (devenue Maison de la Culture). Si ce point avait été le but du livre, je n’aurais pas manqué d’aller l’interroger, car je sais qu’il a des informations que je n’ai pas, et qu’il a finement réfléchi au sujet, mais là n’était pas l’objet du livre qui, en effet a été schématique sur ce plan, comme sur d’autres d’ailleurs.

Le but du livre était de savoir de quel marxisme parlait Castan et je n’ai évoqué le cas de la Maison de Jeunes qu’en référence à une donnée qui court tout au long de la vie de Félix : le refus de la réalité. Ce qui n’est pas la première caractéristique d’un marxiste ! La génération qui avait créé la Maison des Jeunes vieillissant, il avait été décidé de passer à la référence Maison de la Culture puisque les mêmes restaient aux commandes. Et là, Castan a vu dans cette opération une démolition de sa théorie ! Et je le vois encore s’insurger devant une telle proposition. Et je ressens encore mon étonnement !

Pourquoi cette position ? Car Castan était attaché comme à un dogme à l’expérience de Perbosc à Comberouger (ça sera d’ailleurs son dernier texte paru dans Occitans !). Pour lui la Maison des Jeunes aurait dû s’appuyer sur l’expérience consistant à donner aux enfants des écoles la responsabilité d’un journal comme le Trait d’Union. Devenir Maison de la Culture c’était en finir avec l’idée que les jeunes étaient les mieux placés, pour renvoyer à la commune un miroir de sa réalité. Sauf que la réalité était bien autre…

 Ce point démontre clairement, qu’en refusant de suivre les injonctions de Castan, les responsables de la Maison de la Culture n’étaient en rien inféodés à Castan, qu’il y avait entre les deux entités une forte relation de complémentarité mais sans mécanique : l’anti-centralisme de Castan et les Identités communales de Daziron ont une parenté mais aussi une différence. Voilà, si j’ai bien compris, la subtilité que Daziron aurait aimé retrouver dans le chapitre sur la question.

 J’en prends acte tout en restant sur ma question de départ : pourquoi le marxisme de Félix Castan n’a-t-il jamais été étudié ? Du côté de ses adversaires, il ne fallait rien à attendre sur cet aspect constant du combat de Félix, vu qu’ils prétextaient ce marxisme, dont ils faisaient un dogme, pour le dénigrer souvent injustement. Du côté de ses amis, la confusion n’a pas été moindre.

 Mon livre ne donne pas de réponse mais offre le plus de textes possibles sur le sujet pour que chacun se fasse son idée (y compris des textes originaux de Félix que lui-même a publié, comme un document daté… mais censuré !). Mais aussi des textes de ceux qui lui contestèrent le titre de marxistes.

Ici je donne mon point de vue : Castan était un marxiste sentimental, ce qui est ni péjoratif ni réducteur. J-P Damaggio