Congrès 1937

Au débat de Montauban, Benoît Gramond m’indiqua l’existence de la journée d’études tenue à la Sorbonne sur le Congrès de 1937.

J’ai pu découvrir le dépliant le présentant et je me réjouis de cette initiative qui je l’espère donnera lieu à publication.

Tout d’abord les lecteurs de mon livre comprendront que je braque le projecteur sur César Vallejo qui a donné lieu à une communication d’Olga Munoz Carrasco venant de Madrid : De Hispanoamérica a Espana : César Vallejo en el congresso de Escritores antifascistas.

Oui l’originalité du Péruvien mérite cette place. Il était à Paris en 1935 et il aurait donc pu participer au premier Congrès des écrivains mais encore à cette date Espagne et Hispano-Amérique sont loin.

Je ne suis pas surpris d’y découvrir une intervention sur André Gide le grand absent de Manuel Aznar Soler de Barcelone. Lui qui avait présidé le Congrès de 1935 devient en 1937 la bête noire sous l’impulsion des écrivains soviétiques (et de leurs amis) qui ne peuvent admettre les critiques de l’écrivain envers l’URSS, critiques pourtant modestes.

La journée d’étude étant organisée par deux associations, une à Paris (le Centre de recherches sur l’Espagne contemporaine), l’autre à Barcelone, (Grupo de Estudios del Exilio Literario) il était naturel que la France soit présente et c’est Evelyne Ricci qui a traité de l’évocation du Congrès de 1937 dans la presse française, point que j’ai moi-même étudié pour écrire mon livre.

Il y avait Commune, Ce soir, l’Humanité, Europe, Regards et Vendredi qui apportèrent quelques éclairages avec les photos de Gerda Taro.

Et justement Gerda Taro a eu droit aussi à une communication de la part de Lorna Arroyo. Gerda Taro qui va mourir accidentellement en allant sur le front de Brunete. Une femme d’exception.

A cette journée d’étude j’aurai également été très attentif à l’intervention de Juan Rodriguez qui a évoqué la solidarité latino-américaine avec la Seconde République. Je rappelle ici que le Péruvien José Maria Arguedas a fait de la prison pour avoir manifesté une telle solidarité, prison où il s’est mis à écrire. Il y a aussi le cas du Mexique et d’autres.

L’Amérique latine sera transformé par cette Guerre d’Espagne car elle recevra ensuite beaucoup d’exilés qui joueront un grand rôle en particulier en matière de développement culturel. On parle souvent des Nazis qui y trouvèrent un lieu d’hébergement mais avant il y avait eu les Républicains espagnols.

J’aurai aimé une intervention sur le cas de Paul Nizan mais en une après-midi c’était difficile.

Et c’est seulement à présent que je repense au cas d’André Marty.

Communiste profondément catalan il est resté toujours fidèle à son parti jusqu’au jour où lui est tombé sur la tête sa mise à l’écart et je me demande dans quelle mesure, pour une part, elle ne s’inscrit pas dans la mise à l’écart de tous les participants communistes à la Guerre d’Espagne qui étaient aussi bien en Tchécoslovaquie qu’en France

Je serais curieux de lire une étude pour savoir quels communistes actifs sur la question espagnole entre 1936 et 1939 étaient encore membres de ce parti en 1956.

Pour me confirmer dans l’idée que l’année 1937 a bel et bien été une année cruciale. J-P Damaggio