C'est avec grand plaisir que je viens de feuilleter ce numéro de la revue Europe consacré à deux écrivains qui ont une parenté. J'en donne ici la présentation et le sommaire. J-P Damaggio

 

95e année — n° 1063-1064 / novembre-décembre 2017

 

CÉSAR VALLEJO

Considéré comme l’un des plus grands poètes du XXe siècle, César Vallejo est né en 1892 à Santiago de Chuco, petite ville péruvienne dans la cordillère des Andes. Dans sa jeunesse, tout en fréquentant la bohème intellectuelle, il eut l’occasion de connaître la rude condition des travailleurs dans les mines et les plantations de canne à sucre. Après avoir publié au Pérou ses premiers livres, Les Hérauts noirs (1919) et Trilce (1922), en partie écrit en prison, il embarqua pour l’Europe en 1923 et son exil s’avéra sans retour. Il mourut à Paris en 1938, épuisé par la maladie et les souffrances d’une vie précaire qu’avaient ponctuée des séjours en Espagne et trois voyages en URSS. Ses Poèmes humains furent publiés après sa mort, tout comme Espagne, écarte de moi ce calice qui demeure le chant le plus pur et le plus définitif parmi tout ce que l’on a pu écrire sur la Guerre civile espagnole. L’œuvre géniale et intrépide de Vallejo va au-delà de l’aventure des avant-gardes et tout en exprimant un inébranlable désir de solidarité humaine, elle est traversée par la force grondante de la douleur et par « une énorme tension affective qui fait ressentir chaque poème comme une poignée de neige jetée en plein visage ».

 

JEAN CASSOU

Poète, critique d’art, historien, hispaniste et romancier, Jean Cassou (1897-1986) fut en toute chose un homme épris de liberté. Membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et rédacteur en chef d’Europe, il milita pour l’intervention française dans la Guerre d’Espagne. Dès septembre 1940, il s’engagea dans la Résistance où il occupa des fonctions importantes. Il importe aujourd’hui de redécouvrir l’écrivain, le rêveur solitaire et l’homme d’action dont l’exigence éthique était travaillée par « un sombre et magnifique espoir ».

 

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SOMMAIRE

CÉSAR VALLEJO

Ina SALAZAR César Vallejo, notre contemporain.

Alejo CARPENTIER Éloquence et silences

Emilio Adolfo WESTPHALEN Comme une poignée de neige jetée en plein visage

Antonio GAMONEDA Le larmier de César Vallejo

César VALLEJO Poèmes.

César VALLEJO Proses brèves et aphorismes

Saúl YURKIEVICH La teneur du refus

Américo FERRARI Le temps et la mort dans la poésie de Vallejo

José Ángel VALENTE César Vallejo, depuis ce rivage

Efraín KRISTALLes monstres hagards et haletants de César Vallejo

Miguel CASADO Trilce, comme parole

Alain SICARD La dialectique comme méthode poétique

Nadine LY De l’émotion créatrice à « l’esthétique du pathos»

Saúl YURKIEVICH La parole participante

Marie-Claire ZIMMERMANN Du lyrisme épique à la parole familière

Alejandro BRUZUAL La dialectique du verre d’eau

Marta ORTIZ CANSECO Vallejo migrant

Gastón BAQUERO Avec Vallejo à Paris — tandis qu’il pleut.

Roberto JUARROZ Poésie verticale

 

Jean Cassou

Alexis BUFFET Le défait accompli

Pierre-Yves CANU Parcours du résistant

Edgar MORIN Souvenir de Jean Cassou

Jean-Marc PELORSON L’entre-deux franco-hispanique de Jean Cassou

Alexis BUFFET. Jean Cassou ou la « vie inventée ».

Olivier BARA Du romantisme contre un siècle grégaire

Marine WISNIEWSKI Retrouver un « chemin sous la voûte ».

Jean CASSOU Poèmes inédits.

Jean CASSOU Goya