Galeano

L’éditeur québécoix LUX vient de nous offrir la publication de livre d’Eduardo Galeano, Le Football, ombre et lumière.

En conclusion de la brève préface Lilian Thuram écrit :

« Le football professionnel ne nous conditionne-t-il pas à penser que le système capitaliste qui nous gouverne est juste ? C’est Eduardo Galeano dans son incontournable hymne au foot qui a le mieux su montrer ce que ce sport a de beau et de fort, mais aussi ce qu’il devient entre les mains des politiques et des affairistes.»

Ce livre Galeano l’a écrit il y a presque vingt ans (il y a des compléments pour arriver jusqu’à aujourd’hui) et depuis il a approfondi sa vision de l’histoire du monde capitaliste jusqu’à arriver à ce constat : Sens dessus dessous l’école du monde à l’envers.

Et cette analyse s’applique parfaitement au football ! Oui c’est le monde à l’envers ! Alors que toute l’histoire de foot l’éloigne du peuple, le peuple s’y accroche plus que jamais ! Du fait de l’aliénation grandissante du peuple ?

sol y sombra

Galeano sait voir à la fois cette aliénation grandissante et cette merveilleuse volonté d’y échapper ! A ne prendre en compte qu’un aspect de la réalité sociale on risque pire que la myopie : la mort !

Galeano a décidé d’user d’un paradoxe pour répondre aux paradoxes de nos sociétés : c’est par une écriture fragmentée qu’il permet au lecteur de se construire une vision personnelle de la révolution à mettre en œuvre.

L’art de Galeano : il nous rend joyeux et intelligent ! J’ai cherché l’histoire qui pourrait m’aider à le prouver et s’offre celle ci-dessous. JPD

 LA CIGALE ET LA FOURMI

En 1992, la cigale chanteuse battit 2 à o la fourmi travailleuse. La finale de la Coupe d'Europe des nations opposait l'Allemagne au Danemark. Les joueurs allemands venaient du jeûne, de l'abstinence et du travail. Les Danois venaient de la bière, des femmes et de la sieste au soleil. Le Danemark ne s'était pas qualifié et ses joueurs étaient en vacances, quand ils furent rappelés d'urgence pour remplacer la Yougoslavie, absente du championnat pour cause de guerre. Ils n'eurent ni le temps ni l'envie de s'entraîner, et l'équipe ne put compter sur son individualité la plus brillante, Michael Laudrup, joueur à la jambe joyeuse et habile, qui venait de remporter la Coupe d'Europe des clubs champions sous le maillot de Barcelone. En revanche, la sélection allemande parvint en finale avec Matthaus, Klinsmann et toutes ses vedettes. L'Allemagne, qui devait gagner, fut vaincue par le Danemark, qui n'avait aucune obligation et qui joua comme si la pelouse n'était que le prolongement de la plage. Eduardo Galeano