Jean Ferrat - Un Air De Liberté

Claude Askolovitch rappelle l'histoire d'un chanson de saison. J-P Damaggio

Paroles de Un air de liberté,  Jean Ferrat

 

Les guerres du mensonge les guerres coloniales

C'est vous et vos pareils qui en êtes tuteurs

Quand vous les approuviez à longueur de journal

Votre plume signait trente années de malheur

 

La terre n'aime pas le sang ni les ordures

Agrippa d'Aubigné le disait en son temps

Votre cause déjà sentait la pourriture

Et c'est ce fumet-là que vous trouvez plaisant

 

[refrain]

Ah monsieur d'Ormesson

Vous osez déclarer

Qu'un air de liberté

Flottait sur Saïgon

Avant que cette ville s'appelle Ville Ho-Chi-Minh

 

Allongés sur les rails nous arrêtions les trains

Pour vous et vos pareils nous étions la vermine

Sur qui vos policiers pouvaient taper sans frein

Mais les rues résonnaient de paix en Indochine

 

Nous disions que la guerre était perdue d'avance

Et cent mille Français allaient mourir en vain

Contre un peuple luttant pour son indépendance

Oui vous avez un peu de ce sang sur les mains

 

[refrain]

Ah monsieur d'Ormesson

Vous osez déclarer

Qu'un air de liberté

Flottait sur Saïgon

Avant que cette ville s'appelle Ville Ho-Chi-Minh

 

Après trente ans de feu de souffrance et de larmes

Des millions d'hectares de terre défoliés

Un génocide vain perpétré au Viêt-Nam

Quand le canon se tait vous vous continuez

 

Mais regardez-vous donc un matin dans la glace

Patron du Figaro songez à Beaumarchais

Il saute de sa tombe en faisant la grimace

Les maîtres ont encore une âme de valet