Le cercle philosophique et culturel de Moissac (en fait la loge maçonnique) organisait ce 9 décembre une conférence sur la laïcité. Le nom de l'intervenant n'était pas donné dans l'annonce mais j'ai appris qu'il s'agissait du proviseur du Lycée de Caussade, Laurent Estève.

 Le titre était ambitieux, Laïcité hier, aujourd'hui, demain si bien que la conférence aurait pu durer longtemps. Ceci étant, il était bien de pouvoir en revenir à la philosophie des lumières et à la Révolution française. Décortiquer un seul article de la déclaration des droits de l'homme de 1789 permet de la faire vivre.

Il me semble fabuleux de rappeler que cette déclaration a été mise au point par des hommes et des femmes qui n'étaient pas préparés à cette tâche. Si l'histoire retient la prise de la Bataille comme date fondatrice de la Révolution (le 14 juillet), on aurait pu tout autant retenir la date de la première réunion des Etats Généraux car sans les députés la prise de la Bastille aurait été une révolte sans suite, mais inversement, sans l'action des Parisiens les députés ne se seraient pas lancés dans la même tâche.

Deux Tarn-et-Garonnais ont souhaité contribuer aux discussions de l'époque par des propositions que j'ai reprises sur ce lien : Deux projets de déclaration des droits de l’homme en 1789 Gouges-Cartou (Moissac) Poncet-Delpech (Montauban).

Le passage par la loi de 1905 était tout aussi inévitable tout comme celle sur les signes religieux à l'école.

Le propos a été clair, vivant et argumenté pour par exemple contester des formules qui, comme pour l'intervenant, me semblent catastrophiques en matière de conception de la laïcité, telles que le "vivre ensemble" ou "laïcité ouverte".

Je ne vais pas reprendre tous les points explicités par un homme dont on reconnaît les qualités du professeur de philosophie.

Ceci étant, moi qui suis plutôt du côté de l'application des lois, que des lois elles-mêmes, je suis resté sur ma faim. Par exemple, M. Nunzi a rappelé que la loi de 1905 était tolérante et bienveillante et j'aurais bien aimé qu'on discute des réactions suscitées en 1906 qui n'ont absolument pas noté ce caractère tolérant.

Il ne serait pas non plus négligeable de reprendre tout l'historique de la loi de 2004, de 1989 à aujourd'hui.

Là aussi l'intervenant a fait un travail louable pour remettre dans le contexte la dite polémique de 1989. Jospin-Rocard ont cafouillé volontairement ou involontairement, je ne sais, mais il s'agit dans tous les cas d'un tournant pour l'histoire de la gauche. J-P Damaggio