Montalban face à l'Argentine

J'ai déjà publié quelques ébauches de dialogues impossibles entre Vázquez Montalbán, Borges,Bayer et Soriano. Les voici en entier :

Montalban_face_à_l'Argentine

Vázquez Montalbán a beaucoup écrit et beaucoup voyagé. En Amérique latine ses trois références furent le Mexique, le Guatemala et l’Argentine. Dans Le Quintette de Buenos Aires, son Argentine, par Pepe Carvalho interposé, est célébré par trois mots : Tango, Maradona, Disparus. Trois mots qui font horreur à Jorge Luis Borges que cependant Montalbán classe parmi les écrivains de référence. D’un côté une œuvre consacrée à l’actualité et de l’autre une œuvre faite pour échapper à toute actualité.

Cependant au moment du retour Pepe dans l’avion, a des jeunes à côté de lui et quand il leur mentionne les trois mots de ses références, ils ne comprennent pas : Maradona ? mais c’est Ronaldo aujourd’hui, Tango mais qui chante encore des tangos ? Disparus, ça a un rapport avec X Files ?

Borges avait-il raison ? L’actualité est sans avenir ? D’où le besoin de Montalbán de se confronter à cet auteur ?

 Dès le début du Quintette nous apprenons : « Chaque quartier a son style ; Borges disait qu’il suffisait de traverser Rivadavia – c’est une rue – pour passer la frontière vers un autre monde. Rivadavia va d’un bout à l’autre de Buenos Aires et le coupe en deux. » Plus loin, est évoqué le cimetière de La Recoleta chanté par le jeune Borges. Borges circule dans le livre-labyrinthe jusqu’au chapitre du faux fils de l’écrivain qui n’a jamais eu de fils contrairement à Montalbán.

 Puis arrive l’inévitable séance où Carvalho brûle des livres et cette fois c’est devant son amie Alma qui est scandalisée :

« Elle regarde Carvalho et le feu, avec un reste d’inquiétude.

-Tu n’as pas brûlé un auteur important, au moins ?

-Je crois que c’était Ernesto Sábato. Je ne connais pas le sujet. Il me semble que le titre était quelque chose comme Tango, La Chanson de Buenos Aires.

Alma est au bord de la crise de fureur.

-Mais c’est magnifique !

-Qu’il aille se faire foutre. L’autre jour j’ai brûlé Adám Buenosayres.

-Tu es en train de me dire que tu as osé brûler le roman de Marechal .

-ça peut être n’importe qui, je m’en fous.

-Mais c’est notre Ulysse

 Un peu plus tard Pepe Carvalho partira pour un tour du monde et il s’attardera un peu en Argentine mais au-delà de la seule ville de Buenos Aires : il visite pendant un temps la Patagonie en compagnie d’Osvaldo Bayer. Pepe a tenu à aller le plus au sud possible.

 Ces dialogues impossibles permettent de croiser Montalbán avec Borges, Bayer, et j’ai ajouté un troisième écrivain qui est un peu un clone argentin de Montalbán, Osvaldo Soriano. La question majeure qui hante ces trois hommes est celle du peuple. Le peuple réel, admiré ou rejeté, chanté ou abandonné. Borges est le cas à part puisqu’il refuse le peuple.

 Sommaire du livre

 1 –  Le football

Borges face à Montalban : Pourquoi Borges ?

Borges face à Montalban : Le football

Bayer face à Montalban : L’Italie

Bayer face à Montalban : Le football

Soriano face à Montalban : Le football

 

2 –  L'Argentine

Bayer face à Montalban : L’Argentine

Bayer face à Montalban : La Patagonie

Soriano face à Montalban : l’Argentine

 

3 –  La politique

Borges face à Montalban : La politique

Bayer face à Montalban : L’insoumission

Bayer face à Montalban : L'exil

Bayer face à Montalban : Le fascisme

 

4 –  Le futur

Bayer face à Montalban : Le futur

Borges face à Montalban : Le futur

 

5 –  La littérature

Borges face à Montalban : Les classiques

Borges face à Montalban : La littérature

Soriano face à Montalban : La littérature

Borges face à Montalban : Sciascia

 

6 –  La société

Borges face à Montalban : l’athéisme

Bayer face à Montalban : Alvear

Borges face à Montalban : Le tango

Soriano face à Montalban : Le Millénaire

Soriano face à Montalban : L’URSS

Borges face à Montalban : Mazzini

Soriano face à Montalban : Garibaldi

Borges face à Montalban : Le génie

Borges face à Montalban : La notoriété

Soriano face à Montalban : Les éditeurs