Manifestation contre la L.G.V Montauban - 19-20 FR3 Toulouse du 24/04/2010 -

 Aujourd'hui je reçois les bons vœux d'un ami croisé il y a des années sur les chemins cladéliens. Cet habitant d'Aurillac est un des grands connaisseurs de l'écrivain montalbanais qu'il a réédité (textes sur la Commune et la poésie)

Avec ses bons vœux il m'indique que je connais très bien son cousin qui aimerait avoir ma plume mais qui a sa voix. Je ne savais pas que cet habitant du Lot et Garonne était son cousin, un homme dont je me souviens parfaitement la voix forte et sincère. Je l'ai croisé sur les chemins de la lutte contre la LGV. Que Cladel soit le lien entre hier et aujourd'hui sur le terrain de la lutte sociale, quoi de plus beau !

D'autant que, quand, à Bressols, la voix de ce paysan du 47 s'est faite entendre ce fut génial. C'était la dernière réunion de l'enquête d'utilité publique et plusieurs Lot et garonnais avait fait la route jusqu'à Bressols. A la tribune, le maire de la petite ville, qui avait répété que tout le monde était d'accord pour la LGV, découvrait une salle bien remplie d'opposants déterminés. Le président de l'EUP avait joué le jeu en acceptant de passer de deux réunions publiques à cinq dont celle de Bressols. Les membres de RFF étaient si fatigués qu'un autre paysan lança de la salle : "Mais vous n'y croyez plus vous-mêmes !"

 Qu'a dit Joseph pour les laisser sans voix ? Quelqu'un avait rappelé que la LGV allait prendre plusieurs milliers d'hectares de terre agricole et le représentant de RFF de dire : "Mais il y aura compensation !" et là de sans place, sans attendre son tour de parole, Joseph rappela fermement, fortement, l'émotion totale dans la voix : "Compensation ! Compensation ! Mais la terre qui sera prise ne peut pas être compensé !"

Ce dialogue de sourds est au cœur même du principe EUP : pour le représentant de RFF la compensation ça signifiait qu'un paysan exproprié aurait accès à une superficie équivalente, tandis que pour Joseph une terre couverte de béton ne peut pas avoir socialement de compensation.

L'EUP est là pour régler des intérêts particuliers or tout au long de l'enquête les intervenants se sont très majoritairement exprimés en fonction de l'intérêt général.

 Cette EUP a abouti à un avis défavorable des commissaires car ces derniers ont pu vérifier cent fois que les adversaires de la LGV n'étaient pas du genre à dire "La LGV plus loin dans le champ du voisin" ce qui aurait permis de réduire le débat à des intérêts individuels à satisfaire plus ou moins, mais du genre à dire, "l'intérêt des citoyens c'est de développer le train du quotidien et les lignes existantes, plutôt qu'une LGV", toute l'argumentation tournant autour de la question d'une alternative.

Ce moment crucial qui "achevait" à la fois l'EUP et les membres de RFF a été entendu par les commissaires qui ne pouvaient pas être au départ des opposants à la LGV mais qui le sont devenus au vu du dossier tel qu'il était.

 Nous sommes aujourd'hui à deux doigts de gagner ce combat et j'en entends qui vont dire que c'est grâce à Macron, les mêmes qui disaient que toute participation à l'EUP n'était là que pour cautionner la LGV car la conclusion était écrite d'avance. Avoir gagné l'EUP - et nous ne le devons à aucune force politique qui furent absentes tout au long des débats - restera dans les annales. Là aussi on peut en attribuer le mérite à d'autres comme les commissaires enquêteurs mais, si leur mérite incontestable a été d'organiser équitablement la parole, ils n'ont pas pour fonction d'apporter des arguments dans un sens ou dans un autre. Alors bravo à Joseph puisqu'ici c'est de lui qu'il est question et à des diza ines d'autres. J-P Damaggio

P.S. Au même moment un autre ami retrouve un passage de FR3 Toulouse. J'attire votre attention sur le présentateur qui dit que la manifestation c'est contre le tracé alors que le reportage le confirme tel n'était pas son objet ! Mais ce fut permament le opposants auraient dû s'en tenir à contester la mise en oeuvre alors que nous avons contesté le principe même, et les arguements dits en 2010 sont aujourd'hui devenus de notoriété publique.