A titre d'information voici le communiqué du collectif d'opposants et l'article de La Dépêche. J'aurais des observations à formuler mais faute de temps je laisse chacun aiguiser sa réflexion sans commentaires. Je ne reviendrais sur le sujet que dans un mois. JPD

PS : J'ai envoyé une observation au site internet de la préfecture mais elle n'est pas visible. Et hier soir à Vox Pop sur Arte une émission très utile sur le prix énorme de l'électricité en Espagne pays qui a développé l'éolien.... pour qu'il puisse baisser !

 

Communiqué du Collectif anti-éoliennes de Montech-Montbartier-Finhan

L'heure de la mobilisation !

Le projet de la société Valorem d'implanter six éoliennes de 200 m de haut à Montech, Montbartier et Finhan, que les élus locaux ont majoritairement (et discrètement) appuyé, en est au stade de l'enquête publique. C'est l'heure ou jamais pour les citoyens d'exprimer leur refus. Et ce pour de nombreuses raisons

La société Valorem compte parmi ses gros actionnaires un fonds d'investissement basé dans un "paradis fiscal", qui place aussi ses puissants capitaux dans l'industrie pétrolière et les moteurs diesel.

Le saccage du paysage : les éoliennes, plus hautes que les tours de Golfech, seront visibles jusqu'à Montauban, Castelsarrasin et... Villemur (Haute-Garonne). Le Préfet de région lui-même, dans son avis officiel, a pointé les carences de l'étude et parle d'impact paysager "significatif" pour le "grand paysage".

Les promoteurs des éoliennes ont demandé une dérogation à l'interdiction de détruire des espèces protégées. Autrement dit l'autorisation de les tuer (par "collision"). 80 espèces d'oiseaux ou de chauves-souris sont concernées.

Des élus sont propriétaires de terrains loués au constructeur-exploitant des éoliennes tandis que l'indemnisation des riverains ordinaires au titre de l'évidente dépréciation de leur bien immobilier n'est pas d'actualité.

Les risques pour la santé humaine, liés notamment aux infrasons générés par les pales des aérogénérateurs sont mal connus mais ne peuvent être ignorés.

Le parc éolien sera financé en grande partie avec l'argent du contribuable, sous forme de subventions tarifaires et d'aides publiques.

Les gigantesques nuisances engendrées par l'installation des éoliennes seront-elles contrebalancées par une production d'électricité "verte" digne de ce nom ? Certainement pas. Car, faute de vent, la zone est classée par les autorités compétentes de l'Etat (SRCEA) comme "inadaptée" ou "peu adaptée" à la production d'énergie par voie éolienne. Pourquoi donc venir y construire des machines plus larges qu'un Airbus A380 ?

Rejoignez le collectif ! Contact : collectifantieoliennesmontech@gmail.com / Blog : https://collectif82montech.blogspot.fr/

 

Article La Dépêche 14 janvier

Publié le 14/01/2018 à 03:50, Mis à jour le 14/01/2018 à 09:58

 Eoliennes: enquête publique en cours / Environnement - Projet éolien garonne et canal

Les six éoliennes censées dominer à 200 mètres de hauteur la plaine de Garonne entre Montech, Montbartier et Fihnan, ne brasseront l'air qu'en 2020… Si le projet est autorisé, s'il n'est pas entravé d'oppositions et de recours. L'enquête publique a démarré. Elle sera clôturée le 5 février.

Ce projet est le premier du genre dans le département. Du moins, le premier à avoir surmonté les longues procédures d'instruction préliminaires, la préfecture de Tarn-et-Garonne ayant en juin dernier, déclarée recevable la demande d'autorisation environnementale déposée fin 2016 par la société Valorem promoteur de ce projet (1) initié en 2012. Le 7 décembre dernier, le préfet a donné le feu vert à l'enquête publique. Celle-ci a débuté le 3 janvier sur les communes directement concernées par le projet : Montech, Finhan, Montbartier. Elle s'achèvera le 5 février. Au terme de cette procédure, le préfet rendra un avis favorable ou défavorable. Dans l'hypothèse d'une autorisation préfectorale, purgée la période (4 mois) de recours légal qui suivra cet avis, Valorem pourra alors envisager la mise en chantier des éoliennes.

 Trois commissaires enquêteurs...

Compte tenu de la complexité et de l'importance du projet, ce n'est pas un, mais trois commissaires enquêteurs qui ont été nommés. Cette commission d'enquête est ainsi présidée par Michel Sablayrolles, géomètre expert en retraite, Christine Faure, architecte et Jean-Paul Gayrard, commissaire de police honoraire.

 Tout au long de cette enquête le public pourra rencontrer la commission dans les mairies (lire ci contre) et faire valoir ses observations pour les consigner sur les registres d'enquête. Le public peut également se rendre sur le site internet de la préfecture (2) où toutes les pièces du dossier sont consultables et sur lequel, les citoyens peuvent également formuler leurs observations. Ces observations peuvent de la même manière être déposées sur papier en mairie de Finhan et Montbartier et à la cyber base de Montech aux jours ouvrables. Elles peuvent aussi être adressées par voie postale à l'attention du commissaire enquêteur (pendant la durée de l'enquête) au siège de l'enquête : mairie de Finhan, 1 rue Tessié Solier. 82700 Fihnan.

 (1) Six éoliennes envisagées : 2 à Montech, 2 à Finhan, 1 à Montbartier. La production annuelle de ce parc est estimée à 38 600 MWh. Diamètre du rotor : 131 m ; hauteur du mat : 134,5 m ; hauteur maxi bout de pale : 200 m.

 (2) http ://www.tarn-et-garonne.gouv.fr/Politiques publiques/Environnement/Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE)/ Enquête -et- consultation- publique.

 La commission dans les mairies

La commission d'enquête, représentée par un ou plusieurs de ses membres, siègera donc dans les mairies des communes concernées jusqu'au 5 février. En mairie de Fihnan, la commission a déjà siégé le 6 janvier. Elle siègera à nouveau le 2 février de 9 heures à 12 heures. En mairie de Montbartier, la commission siègera le 17 janvier de 14 à 17 heures. En mairie de Montech, la commission a siégé le jeudi 11 janvier et siègera à nouveau le samedi 27 janvier de 9 à 12 heures. Le rapport et les conclusions de la commission d'enquête seront tenus à la disposition du public, dans les mairies de Finhan, Montbartier et Montech ainsi que sur le site de la préfecture pendant un an à compter de la clôture de l'enquête.

 Les citoyens livrent leurs observations

Leurs craintes ? Le bruit, la vue, la santé … Et la valeur des maisons

Une enquête publique attire surtout les vents contraires. Comme souvent dans ce genre d'exercice, ce sont les opposants qui prennent la peine de notifier leurs observations, mais aussi les «Nimby» (not In my backyard. En français, «pas dans mon arrière-cour») (1)… Dans tous les cas, des avis qui ne sauraient conditionner l'issue de la procédure. L'avis négatif d'une commission d'enquête sur un projet peut-être suivie d'une autorisation dudit projet… et inversement. L'enquête publique lancée sur le projet éolien Garonne et Canal de la société Valorem permet néanmoins aux citoyens d'exprimer des interrogations, des craintes… souvent pertinentes.

 Santé publique : quelles données scientifiques ?

«Lors des consultations menées en novembre dernier par Valorem dans les communes concernées par son projet, nous avions croisé une riveraine dont la maison, si le projet abouti, se trouverait à quelques centaines de mètres seulement des installations. Cette habitante de Montbartier avait alors évoqué ses craintes face au chargé de projet chez Valorem. Des inquiétudes que cette Tarn-et-Garonnaise est en train de coucher sur papier afin de les verser aux registres de l'enquête en cours. «De quelles données scientifiques à ce jour dispose-t-on concernant l'impact des éoliennes sur la santé ? Idem en ce qui concerne l'hypersensibilité aux ultras sons», interroge-t-elle. Cette citoyenne évoque encore les nuisances sonores et s'étonne de «l'opacité» qui entoure les procédures de mesures et de contrôles de ces nuisances : «On nous dit que des contrôles seront effectués, mais on ne sait pas où. Qu'ils le seront la première année puis tous les 5 ans. Cela est un peu surprenant».

Impact visuel : des éoliennes visibles jusqu'à Montauban

Réserves également en ce qui concerne l'impact visuel de ces éoliennes. «J'ai consulté les documents du projet éolien. L'une des études stipule une modification significative des grands paysages… C'est inacceptable. Dans ce même document, il est précisé que les éoliennes seront visibles jusqu'à Montauban distante de 15 kilomètres». Quant à l'éventuelle dépréciation des biens immobiliers, cette jeune femme ne veut pas seulement exprimer ses craintes vis-à-vis de son porte feuille : «Mon inquiétude porte aussi sur la préservation de notre qualité de vie»… Enfin, la chute d'une éolienne de 62 mètres en Vendée lors de la tempête Carmen n'a évidemment pas rassuré cette future riveraine du site Valorem : «ça m'inquiète sérieusement. ça fait peur surtout qu'on aura là des éoliennes qui culmineront à près de 200 mètres».

 Les appréhensions de cette habitante ne sont pas un cas d'espèce. L'enquête publique devrait le révéler. Les réactions publiées sur le site de la préfecture dans le cadre de cette consultation rejoignent ses préoccupations et ses interrogations. «Je note que l'impact visuel est notable depuis tous les points de vue», écrit ce citoyen qui se dit «contre ce projet stupide uniquement favorable aux trois communes (N.D.L.R. : Montech, Montbartier, Finhan). On ferait mieux d'équiper toutes les nouvelles constructions (lycées, collèges, gymnases) de panneaux photovoltaïques»…

 «Les terrains vont perdre de leur valeur»

«Notre village de Montech va se trouver dénaturer. Cela va également engendrer des nuisances sonores pour les résidents des alentours et des nuisances visuelles. De plus les terrains vont perdre de leur valeur». Cet habitant d'une commune voisine estime pour sa part «que cela va stopper l'expansion démographique de nos villages et rendre les terrains constructibles inhabitables… Quid de l'indemnisation des habitations voisines qui verront de leurs fenêtres les éoliennes ?». Ce citoyen rapporte dans sa déposition que «la cour d'appel de Rennes fait état de d'attestations notariales et d'agents immobiliers estimant entre 28 et 46 % la dépréciation des habitations concernées».  L'enquête publique va donc consigner tous ces avis, ces craintes, ces interrogations et ces coups de colère.

 Un collectif en embuscade

Un «collectif anti-éoliennes de Montech-Montbartier-Finhan» (2) s'est récemment constitué. Ce collectif appelle de ses vœux «une production d'électricité verte digne de ce nom» et dénonce le manque de vent entre Garonne et canal en s'appuyant sur une étude du Schéma régional du climat de l'air et de l'énergie (SRCAE) qui aurait classé cette zone comme «inadaptée» ou «peu adaptée» à la production d'énergie éolienne. Pierre Mazille.

 (1) Des personnes qui ne sont pas nécessairement hostiles à l'infrastructure en tant que telle, mais n'acceptent pas que celle-ci puisse modifier leur environnement proche.