Au début des années 1980 avec l'arrivée de François Mitterrand les autorités scolaires ont proposé à des écoles ce dilemme : ou on ferme l'école ou vous vous regroupez en RPI avec des écoles voisines (de la commune ou d'une autre commune).

Le Tarn-et-Garonne continuait de perdre des habitants et tout particulièrement les communes rurales et grâce à des maires mobilisés et des inspecteurs primaires compréhensifs des écoles naquirent regroupées sur des lieux différents. L'histoire a donné raison aux créateurs des RPI dont de nombreux existent encore aujourd'hui plus de trente ans après.

 A présent, les autorités ont changé le fusil d'épaule au nom de la gestion comptable : ou les écoles se regroupent en un même lieu ou on ferme.

Or le regroupement en un même lieu signerait la mort de l'ensemble des écoles du RPI, l'une étant choisie comme bouc émissaire et assurant l'éclatement de l'ensemble. Pourquoi ?

 A supposer le regroupement Angeville - Saint Arroumex - Caumont (pour prendre celui-ci) installé sur une seule commune, ça ferait perdre des élèves d'une façon ou d'une autre. De toute façon, comment obtenir des soutiens financiers pour compléter par deux classes une école existante, alors que deux autres écoles seraient laissées à l'abandon ! Gaspillage financier assuré !

 La stratégie d'hier était honnêtement en faveur des écoles rurales. La stratégie d'aujourd'hui est de manière masquée la façon d'en finir avec les dites écoles (un rêve persistant des esprits comptables).

Proposer le regroupement n'est pas de nature à sauver le moindre RPI.

 Mais si les effectifs ne sont plus là ?

Au cours d'une réunion publique à Caumont les enseignantes ont tenu à donner les chiffres à partir de 2007 quand l'effectif était de 66.

Les années suivantes nous avons eu : 61, 75, 80, 67, 64, 65, 62, 63, 64, 63. Soit toujours plus de 20 élèves par classe en moyenne.

Alors pourquoi brandir la menace de fermeture pour 2020 ? Car cette année là 15 élèves vont quitter le RPI sans qu'on sache ce qu'il en sera des rentrées ! Jamais l'inspection académique ne prévoit aussi longtemps à l'avance une fermeture, aussi, dans ce cas là, on peut donc vérifier qu'il s'agit de faire pression sur les élus pour aller vers le regroupement dont je répète qu'il serait assassin pour l'ensemble du système.

D'autant que si autrefois il y avait des critères transparents pour les fermetures de classe on va de plus en plus vers un jugement à la tête du client.

 Parmi les 70 présents à la réunion (dont beaucoup d'élus) la question suivante s'est posée : que faire ?

L'inspection académique avait indiqué en réunion du CDEN (organisme qui gère les fermetures-ouvertures) qu'il avait envoyé un courrier aux élus. A ce jour les autorités ont préféré s'adresser seulement aux personnels alors qu'elles savent parfaitement que la question posée (celle du regroupement) n'est pas de leur compétence.

Toujours un peu naïf, j'avais imaginé que la bombe avait été adressée aux premiers concernés, les élus, mais les prendre frontalement n'est plus la coutume. Il a donc été retenue comme première action par les présents la demande de rencontre entre les élus et les autorités. Il serait bien que la rencontre puisse être assez rapide avec un compte-rendu à la mesure du danger.

 Par ailleurs concernant les effectifs, les enseignantes ont tenu à rappeler avec précision les mérites de l'organisation en RPI. C'est un point qu'il faut soutenir : oui les classes à plusieurs cours sont d'une grande efficacité pédagogique même si au premier abord un maître pour chaque cours peut paraître plus efficace. Je l'ai vérifié tout au long de ma carrière et je me souviens de ce pédagogue hors-pair dans une école de Montauban (Lalande) où il aurait pu avoir un seul cours mais où il préférait avoir un CM1-CM2 car disait-il, à la rentrée il n'avait pas besoin d'expliquer son fonctionnement aux nouveaux CM1, ceux qui entraient en CM2 s'en chargeaient. Et c'est juste l'anecdote pour rappeler qu'entre eux les enfants communiquent et s'aident les uns les autres. Dans une classe à plusieurs cours les enfants ont obligatoirement une part d'autonomie et comme l'effectif est plus faible (pour le moment) chacun eut être aidé à sa juste mesure. J'ai été heureux de participer à cette réunion qui me confirme dans l'idée qu'il existe encore des forces sociales soucieuses de système éducatif. A suivre. J-P Damaggio