beef de chorizo

(sur la photo, au-dessus de quelques frites, l'épais beef de chorizo)

Après les questions inévitables liées au moyen de déplacement, le voyageur est soumis à un nouveau régime alimentaire. Pour nous, petit-déjeuner à l’hôtel, pique-nique à midi, restaurant le soir. Le pique-nique impose le passage par les commerçants ou les marchés.

Dès le premier jour, nous tombons sur le marché populaire de San Telmo et pour moi ce sont des lieux très sympathiques. Bien sûr les vendeurs sont surpris par nos demandes : quatre bananes, deux tomates, un saucisson coupé en tranches, des morceaux de pain mais si on a de la monnaie (je reviendrai sur cet autre point essentiel) tout est possible.

Il existe aussi beaucoup d’Express à la marque de Carrefour, et des petits supermarchés. Les très grandes surfaces sont peu présentes, les gens faisant leurs courses dans les magasins du quartier avec cependant des différences nettes : le quartier de San Telmo étant populaire, même le dimanche on accède à de l’alimentation. Ailleurs le week-end est sacré et la vie se fait au ralenti.

 Là où on est confronté à l’alimentation plus solide, donc au restaurant, nous avons vérifié le rôle majeur et bien connu de la viande. Les données statistiques sont claires et nettes, les Argentins sont de gros consommateurs de viande. Bien sûr, quand on sait que 30% de la population est considérée comme pauvre, celle-ci se contente des œufs.

 Pour la viande, le clou s’appelle le beef de chorizo (ou bef ou bife) et on n’a pas compris ce que vient faire ici le chorizo, puisqu’il s’agit d’une pièce de bœuf toujours grillée au barbecue et d’une qualité inouïe. Nous en avons commandé dans plusieurs restaurants, en signalant sur la fin que nous prenions seulement un plat pour deux. Il existe aussi l’asado. Le poisson n’est cependant pas oublié, en partie la truite dans les régions des montagnes mais aussi d’autres poissons de rivière, le suribi, le pacu et aussi la dorade (mais d’eau douce).

 L’accompagnement est le plus souvent un plat supplémentaire : soit des frites, soit de la purée, soit des patates espagnoles soit des patates naturelles. Le pays est le roi de la pomme de terre. Les autres légumes sont donc rares.

La viande de bœuf a un goût succulent mais quel rôle joue dans l’alimentation animale (poulet, porc) les OGMs ? L’Argentine est le champion dans la production du soja qui est totalement OGM (voir chapitre sur l’agriculture).

 Au cours de la rencontre Macri-Macron la question agricole a été en discussion, Macron ayant conscience que l’arrivée de la viande argentine sur le marché français entraînerait un problème grave pour les éleveurs français.

Information 2010 :

Les Argentins ne sont plus les premiers consommateurs de viande bovine au monde, une place qu'ils cèdent à leurs voisins uruguayens, épargnés par l'inflation et la conversion massive des éleveurs à la culture de soja.Selon des projections officielles des deux pays, les Argentins consommeront en moyenne 56,56 kilos de boeuf chacun cette année, contre plus de 60 pour les Uruguayens. Au delà de l'anecdote, ce classement révèle l'évolution du secteur agricole en Argentine.L'élevage est une des principales victimes de trois et demi de sécheresse, la pire depuis 60 ans ayant provoqué la mort de 1,5 à 1,8 million de bêtes, selon des données officielles de début 2009.Mais il est aussi "victime" du soja. En moins de dix ans, 12 à 14 millions d'hectares de prairies ont été principalement remplacées par des cultures de soja --à plus de 50% transgénique--, soit environ 7% des 180 millions d'hectares agricoles du pays.Le soja, or vert de l'Argentine, est devenu sa principale source de devises. Le pays d'Amérique du Sud est désormais le premier exportateur mondial de farine et d'huile de cet oléagineux principalement consommé en Asie, et le troisième pour les graines.L'envolée des prix combinée à des perspectives d'exportation de viande bovine en berne, ont fini par convaincre les éleveurs de changer leur fusil d'épaule.

 Elément de comparaison :

Selon FranceAgriMer, les Français mangent en 2013, 66 kg de viande par an et par habitant (toute viande confondue), soit une baisse de près de 7% par rapport à 1998.