Voici un article sur l'acceuil d'affiches de 68 à Montauban, en 2008. JPD

 

68 Montauban

La Dépêche Mardi 22 avril 2008

Quarante ans après, les slogans de Mai-68 déclenchent encore de l’urticaire chez certains Montalbanais. Jusqu’au 31 mai, une exposition présentant de nombreuses affiches, sur lesquelles les CRS casqués de noir, matraques en l’air, sont à l'honneur, est proposée sous les arcades par «Le comptoir de Syldavie », une libraire de BD installée sur la place Nationale. Ces «brûlots graphiques » largement anti -capitalistes, critiquant autorité et pouvoir, n’ont apparemment pas perdu leur vertu irritante.

ANTIGOUVERNEMENTAL INTERDIT

En une semaine d'exposition, Hugues Dedit, le responsable de la librairie, reçut la visite de la police municipale à deux reprises. « La première fois, c'était pour vérifier l'arrêté municipal m'autorisant à installer des expositions temporaires devant la librairie», explique Hugues Dedit. Les policiers municipaux, tatillons sur le règlement, en ont profité pour lui faire remarquer que son papier ne mentionnait pas le contenu exact de ce qu'il présentait.

«C'était pour qu'il spécifie que c'est une exposition. On aurait pu croire que c'était antigouvernemental», justifie-t-on à la mairie. Alors que le libraire est en règle, les policiers municipaux ont remis le couvert. Pour les mêmes raisons. « Cette fois, je leur ai dit de demander à leurs collègues», raconte Hugues Dedit. Entretemps, un matin de la semaine dernière, une main invisible avait présentait retourné tous les panneaux de l'exposition. Histoire sans doute que les idées anticapitalistes n'influencent les badauds de la place Nationale. L'exposition sur le Japon réalisée le mois dernier n’avait pas suscitée... autant d’intérêt. Derrière son comptoir de Syldavie, Hugues Dedit en est encore pantois. Il explique: « Je suis resté sobre. Je m'en suis tenu aux affiches, j'ai de moi-même enlevé tout ce qui pouvait entraîner une polémique politique. Je fais mon métier de libraire en vendant des livres et en les replaçant dans leur contexte sociétal et culturel ».Des précautions insuffisantes aux yeux, délicats, de certains nostalgiques.

F. V. avec J.-P. F.