tango

Une fois dans la rue Florida, une fois sur la place Dorrego et une fois dans une salle de spectacle, nous avons croisé le tango. Une danse qui en sortant des mauvais quartiers de Buenos Aires a marqué le monde sous diverses formes. Une danse que le Vatican a condamné. Une danse plutôt sportive. Une danse qui surprend. Surtout ne pas bouger les épaules. Tout est dans le pas et le bas du dos. La chanson est venue après. Tout est dans la cohérence entre musique et danse. Sur les trois cas, deux étaient avec musique enregistrée et c’est comme s’il manquait quelque chose sur la scène car tout l’art est dans la connivence entre musiciens et danseurs.

 Il se trouve qu’à notre arrivée, nous avons pu vérifier que le débat autour des violences faites aux femmes avait atteint l’Argentine, y compris la tribune signée entre autres par Catherine Deneuve en France. Quel rapport entre les deux questions ?

Et si les chansons de tango étaient manifestement très machos ?

J’ai évoqué la position de Borges sur le tango dont il défend les débuts (et plus encore la milonga) mais si peu les suites larmoyantes. Car les paroles d’un tango se limitent le plus souvent à des crises de l’amour : une femme trompe son mari et il riposte parfois sans faire de quartier.

Le 5 février le journal Clarin publie une double page sur la question en notant que les chansons du folklore ne sont pas plus tendres que celle du tango envers les femmes.

 « Le machisme est toujours présent dans les chansons. Y compris chez les chanteuses. La société fonctionne de manière machiste et l’art en est l’expression.» indique le groupe Los Tekis pour le folklore.

« Que vais-je faire à cette femme ? / Que vais-je lui faire ? / Je vais la tuer. Je vais la tuer.

Peut-être que dans le monde il y en a une de mieux. / Peut-être que dans le monde ils savent aimer. »

 Pour le folklore, ce que je lis me fait penser aux «grivoiseries» si présentes dans les chansons occitanes traditionnelles avec un réel succès du côté du public.

Par surprise j’y découvre, en matière de tango, une référence à Adriana Varela si souvent présente dans le livre de Vazquez Montalban, Quintette à Buenos Aires, où il manifeste son admiration pour cette artiste. Son ami Cacho Castana qui lui écrit des chansons mentionne La Gata Varela.

« Elle ressemble à une canaille quand elle chante / Elle semble se donner et ne se donne pas. »

Une chanson qu’elle chante avec ferveur.

Alors que penser : que la société d'hier ne sera ps celle de demain et que les arts seront les derniers à en rendre compte ? J-P Damaggio