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Au Musée de Salta d’abord, et au cours de deux excursions ensuite nous avons largement croisé les Incas. Après le sud de l’Equateur et le Nord du Chili, voici donc des traces de leur rapide passage dans le Nord de l’Argentine.

Les deux guides des excursions étaient des défenseurs des Incas. L’un d’eux a expliqué le cas de la chicha. C’est une boisson à base de maïs. L’eau est la boisson idéale, mais seulement l’eau courante car l’eau qui stagne devient un nid à maladie. Donc pour remplacer l’eau, il faut de l’alcool qui a plusieurs avantages. Il ne gèle pas, il ne véhicule pas les microbes et il peut rendre euphorique. Pour les Incas, cette boisson alcoolisée est la chicha. Pour l’obtenir les femmes doivent très longuement mastiquer du maïs dans leur bouche qui grâce à la salive va donner un concoction qui pourra fermenter en toute sécurité. Qui et comment en est arrivé à découvrir ce procédé ?

Une autre guide montrera sur la Puna les chemins rectilignes dont il reste des traces. Ce chemin des incas n’était pas un seul chemin sur des centaines de kilomètres mais toute une série de chemins totalement impressionnants.

La domination inca ne durera qu’un siècle, les Espagnols venant mettre un terme à leur pouvoir et en un siècle ils ont pu organiser d’immenses territoires laissant des vestiges nombreux.

La stratégie des Incas fait penser à celle des Romains. Ils découvrirent des tribus qui se faisaient la guerre et arrivèrent en grands conciliateurs. A quelques-uns ils purent capter les inventions de chaque secteur, les développer. Pour défendre les villages, ils construisirent de pulcara (des forteresses sur des pitons) et celle de Tilcara est un modèle du genre. La dame qui fait visiter, tout comme les commentaires au Musée de Salta, insiste pour qu’on ne regarde pas ces civilisations anciennes avec des yeux d’aujourd’hui. Oui, l’anachronisme est la plaie de l’histoire mais quand elle explique que les déformations des crânes étaient juste une mode, elle en commet un ! Dans un premier temps, dit-elle, on a cru que ces déformations étaient un signe social mais non, dans la société inca il n’y avait pas de hiérarchie donc cette déformation s’est retrouvée sur les crânes de toutes les classes sociales. Plus difficile, au nom du contexte, de considérer les sacrifices d’enfants comme des actes quasi généreux. Vu les raisons du sacrifice il faudrait croire que les candidats à ce poste étaient nombreux.

Au Musée de Salta cette question est évoquée car la première partie de la visite met en valeur la découverte de momies d’enfants qui manifestement furent sacrifiés et leurs corps installés à une altitude improbable. Avant de rejoindre le Musée, pendant presque un siècle les deux momies sont passées de main en main jusqu’à être remisées au fond d’une cave.

A Arica nous avions vu des momies conservées par la sècheresse et ici elles avaient été conservées par le froid dans des hauteurs peu humides.

Le jeune guide très savant aimerait que Salta ne soit pas considérée comme le lieu du folklore, des gauchos mais bien comme un haut lieu de l’archéologie pré hispanique.  JPD