El indio mayta - La matarina

 

Miguel Ángel Silva Rubio connu sous le nom de Indio Mayta est un natif du Nord du Pérou. Sa commune, Oxamarca, sur les bords du Marañon (qui devient ensuite l'Amazone) était pauvre mais les terres fertiles pouvaient donner de quoi manger à tous. Pour la naissance nous étions le 25 décembre 1931, date qui a peut-être donné un air joyeux au gamin qui très vite s'est mis à chanter.

L'exode rural existait déjà et grâce à des liens familiaux vers 1940 la famille part pour Trujillo. Un changement radical pour le gamin qui passe du rural à l'urbain, de la verdure au désert.

Avant la date fatidique de son incorporation au service militaire il fera tous les petits métiers des jeunes de son temps, du cireur de chaussure, au vendeur de tamales.

Militaire, il se retrouve à Talara et aussitôt la hiérarchie découvre avec plaisir son talent de chanteur. De Piura la route vers Talara est désertique et tout d'un coup c'est la descente rapide vers la petite ville qui va devenir mondialement célèbre en octobre 1968.

Si l'autre port voisin de Paita a quelques charmes, la ville de Talara est triste à mourir. Elle a servi de cadre à un roman de Vargas Llosa.

En arrivant à Talara le jeune Miguel Ángel ne peut pas imaginer jusqu'à que point sa vie va en être chamboulé.

Non seulement son talent conquiert les officiers et soldats de la caserne mais à sa sortie ils lui trouvent un emploi dans la Garde républicaine et en 1957 à l'âge de 26 ans il peut réaliser son premier enregistrement.

Il va suivre quelques cours pour se perfectionner sans imaginer là aussi que la chance va lui sourire comme jamais en cette fameuse année 1968.

En Octobre par un coup d'Etat militaire le général Velasco Alvarado prend le pouvoir. Ce militaire natif de Piura va se souvenir de l'entreprise nord-américaine de Talara qu'il nation&lise aussitôt sans négociations, et du talent del Indio Mayta à qui il va confier une mission : devenir par se chansons le défenseur de la Réforme agraire. Cette mission le conduira dans tous les coins du pays et le poussera à inventer un style qui puisse unir le traditions des montagnes et celles de la plaine.

Plus tard sa popularité sera telle qu'il sera invité au Mexique où là il va sans doute noyer son talent à vouloir le rendre trop acceptable à toute l'Amérique latine. Mais c'est une autre histoire. J-P Damaggio