Cette année je n’avais pas prévu d’assister à la séance du Conseil départemental votant le budget 2018 mais un hasard un peu triste m’obligeant à rester une heure à Montauban sans rien faire, j’y ai fait un saut rapide. Juste pour y entendre causer de «l’affaire» du collège de Lauzerte, un collège où j’ai débuté mon métier d’instit à la rentrée 1973 en cinquième de transition (un système qui ensuite a disparu).

J’ai ainsi découvert le nouveau look de JMB (J-M Bayet). Barbe soignée, courtoisie de saison, calme, posé, respectueux des débats, une mutation réussie et heureuse même si sous la façade le naturel revient vite au galop.

Donc c’est quoi «l’affaire» ?

Du temps des instits on disait l’inspecteur d’académie, il a subitement averti le Conseil départemental que vu la baisse des effectifs trois ou quatre classes allaient fermer au collège de Lauzerte sauf à revoir la carte scolaire. Aussitôt les Conseillers départementaux du secteur se sont activés dont Mathieu Albuygues le candidat des Républicains aux dernières législatives dans la circonscription. Et là le crime a été commis ! Une réunion a eu lieu, dans SON canton, sans que Baylet en soit informé. Crime de lèse-majesté bien sûr. Un procédé dont JMB dans sa longue vie politique, a-t-il insisté, n’avait jamais connu. Qui plus est, la démarche a consisté à piquer des élèves ici ou là pour sauver le soldat Lauzerte, ce qui n’est jamais la solution. JMB prône des visions à long terme, une conception globale de la solution. En d’autres temps il aurait dit simplement que la politique d’Astruc c’est du bricolage mais nouveau look oblige il se contente de sous-entendre. Le maire de Labastide St Pierre ayant observé que JMB s’était pris à son propre piège a fait observer que le long terme c’était bien avant la nouvelle majorité et comme JMB veut toujours avoir le dernier mot, il va vite ajouter que ce long terme est de la responsabilité des communes et communautés des communes, le Conseil départemental n’ayant pas vocation à gérer une politique du logement.

Mais revenons à la question de la carte scolaire dont quelqu’un a fait justement observer la soumission du Conseil départemental au pouvoir de l’Education nationale. Quand s’ouvre un lycée à Valence d’Agen il faut dessiner autour du lycée une carte scolaire et donc prendre des élèves ici et là pour le peuple. Quand on parle de La Poste, celle de Saint Aignan quand elle existait encore dépendait de celle de Valence d’Agen dans le cadre d’un découpage scabreux car en fait quand c’est pour ramener des pouvoirs à Valence tout est bon à prendre… Mais quand il est proposé que trois ou quatre élèves du Collège de Valence aille au Collège de Lauzerte là il faut plutôt penser global ! Or Mathieu Albuygues fait observer que dans le secteur en question les parents d’élèves sont obligés de demander des dérogations pour aller à Lauzerte car en fait ils se considèrent plus en lien avec Lauzerte que Valence ! Là JMB qui veut avoir toujours le dernier mot fait observer que depuis des parents ont changé d’avis et on comprend que vu les pouvoirs de JMB c’est assez facile !

Et parmi ces pouvoirs il y a… La Dépêche du Midi qui a transformé un problème en affaire en dénonçant beaucoup plus des Conseillers départementaux qui veulent changer une carte scolaire qu’un gouvernement qui veut frapper les zones rurales.

Que dire par exemple du principal de collège de Lauzerte qui refuse la présence des élus à une réunion organisée sur le sujet par les parents d’élèves quand ce sont justement les élus qui peuvent résoudre le problème ! Je repense à la menace faite sur l’école d’Angeville sous peine d’un regroupement d’écoles qui est faite aux enseignantes et non aux élus qui sont pourtant en charge de la question !

Et observons en conclusion que sous le règne de Baylet il aurait été en première ligne alors que là le président Astruc a laissé les élus du secteur assumer leurs responsabilités, la vice-présidente siégeant au CDEN apportant aussi sa pierre. Gestion collégiale… J-P D.