Cordes Tolosannes

les étapes

Samedi dernier l’entreprise Nordex a entrepris une opération de charme pour vanter les mérites de son projet d’éoliennes sur deux communes du département. Avec les panneaux de com de France Energie Eolienne les habitants ont été invités à découvrir tous les mérites de l’éolien.

On peut constater deux types de réactions. D’un côté le calme plat à Labourgade et de l’autre l’opposition à Cordes Tolosannes relayée par Le Petit Journal et Valérie Tabassa.

Labourgade est une commune où dès les années 1880 l’habitant était à 85% concentré dans le village car sur le territoire rural la domination du Château de Terrides n’a plus donné lieu à un habitat dispersé classique dans nos régions (auparavant il y avait quelques maisons misérables détruites autour de 1880 pour des raisons fiscales). En conséquence, les éoliennes éloignées des riverains ne suscitent que très peu de réactions.

Inversement à Cordes des riverains craignent les nuisances et affichent leur opposition. Le mieux est de reprendre le propos de Valérie Rabassa rapporté pa »r Le Petit Journal :

« Projet éolien : réaction de Valérie Rabassa

cordes tolosannes 2

"Je suis ici cet après-midi pour soutenir le collectif anti-éoliennes de Cordes-Tolosannes. C'est bien normal, car ils étaient venus me soutenir en conseil municipal de Montech lors du vote contre le parc éolien de Montech-Finhan. Ce projet sur Cordes-Tolosannes appelle beaucoup de réserve de notre part. A deux pas de la magnifique Abbaye de Belleperche et de la vallée de la Garonne, son impact serait dévastateur sur le tourisme tarn-et-garonnais sans parler du projet de parc éolien sur Labourgade. Concernant les éoliennes de Montech-Finhan, nous avons pris acte de l'avis favorable des commissaires enquêteurs assorti de plusieurs réserves et recommandations. J'observe que la commission d'enquête ne répond que partiellement aux questions légitimement posées par les opposants. Par exemple, sur la question du peu de vent en particulier sur cette zone, la réponse des commissaires enquêteurs est éloquente : «.. (Si la société Valorem investit)... c'est qu'il y aura une bonne exploitation du gisement éolien». Aucune analyse technique, aucune réponse concrète sur cette problématique au cœur du débat. En fait, la société Valorem bénéficiera surtout de la forte manne de subventions publiques à défaut de produire de l'électricité de manière conséquente ! Ce dossier est également fragilisé par un signalement pour possible prise illégale d'intérêt auprès du Procureur de la République. La balle est maintenant dans le camp du Préfet qui devra rendre son avis." Valérie Rabassa, ancien maire, conseiller municipal de Montech.»

 Valérie Rabassa défend le projet de LGV qui va passer beaucoup plus près de l’abbaye de Belleperche, qui va nécessiter beaucoup plus de béton, dont l’utilité publique n’est pas prouvée mais refuse avec ces mêmes arguments les éoliennes (le PCF tient le même discours).

Je l’ai déjà écrit, j’appartiens à la catégorie des personnes qui sont pour les énergies renouvelables sans pour autant oublier les oppositions des riverains.

C’est sûr le solaire induit moins de nuisances et se développe mieux que l’éolien. Cependant l’éolien a ses propres mérites et ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on utilise le vent comme source d’énergies. Beaucoup regrette les nombreux moulins à vent qui ornaient le paysage.

Les nuisances :

-         Donc il y aurait le tourisme touché ? Je n’en crois rien.

-         Les nuisances acoustiques : bien connues pour la LGV elles sont moindre pour une éolienne cependant il faut les étudier, les analyser et y répondre.

-         Les nuisances visuelles : de loin je ne vois pas le problème. A 500 m il faudrait une compensation.

-         Les soucis concernant le démontage : en effet ce problème est réel et il est déjà pris en compte. L’entreprise doit déposer 50 000 euros par éoliennes à cette fin. Je pensais que cette somme était trop faible mais il semble que ce ne soit pas le cas. Comme les autorités françaises n’aiment pas l’éolien (elles lui préfèrent le nucléaire) je ne doute pas que des obstacles ont été mis à leur développement.

-         La rentabilité ? Une éolienne d’aujourd’hui remplace vingt éoliennes d’hier et même avec un vent faible elle peut produire de l’électricité. Je prétends même que depuis les années 60 la recherche en la matière a été trop faible.

-         La mortalité des oiseaux ? Quelques-uns se cognent contre ma baie vitrée mais bon, généralement ils ne sont pas idiots et sur ce point les méfaits d’une agriculture chimique sont bien supérieurs.

-         Les aides publiques par nos impôts ? L’éolien n’est pas plus subventionné que le nucléaire mais il faut sur ce poids également toute la lumière.

En conclusion, je pense positive cette rencontre même si toutes les questions ne sont pas résolues. Certaines appartiennent aux pouvoirs publics qui devraient depuis longtemps offrir un dégrèvement d’impôt local aux victimes. D’autres appartiennent à l’entreprise qui doit clairement afficher les bénéfices escomptés. En Espagne le développement de l’éolien devait faire baisser le prix de l’électricité et c’est le contraire qui s’est produit. Donc le débat doit continuer. JP Damaggio