Le SNES est le syndicat dans l’enseignement secondaire. Membre de la FEN (Fédération de l’Education Nationale) il est plutôt proche du PCF quand la FEN est plutôt proche des courants socialistes (mais pas du PS lui-même). D’autres communiqués suivront du SNI (pour les instituteurs), du SGEN le syndicat de la CFDT. Notons seulement que la grève a été très forte à l’éducation nationale or sa réalité et ses résultats sont très rarement évoqués. JPD

 Voici son communiqué du 4 mai 1968

CONTRE LES BRUTALITÉS POLICIÈRES...

Le Syndicat national des enseignements de Second degré (SNES) condamne l'agression et l'irruption de la police dans les locaux universitaires de la Sorbonne, les brutalités policières exercées au quartier Latin contre les étudiants et s'élève contre les décisions de fermeture de la Faculté de Nanterre et de la Sorbonne. Ces mesures s'opposent à une solution positive quant à la participation des étudiants à une vie démocratique de l'Université, en particulier, à la libre expression syndicale et politique des étudiants.

Au moment même où commencent les épreuves des examens de l'enseignement supérieur et des concours de recrutement des maîtres des enseignements de second degré, le SNES estime que de telles mesures font peser un grave danger sur l'avenir de nombreux étudiants qui, en raison de la réforme gouvernementale de l'enseignement, risquent de se voir éliminés des facultés à la suite d'un échec à leurs examens. Le SNES constate que la politique gouvernementale aboutit à la ségrégation sociale, au malthusianisme, à l'absence de débouchés ainsi qu'à des conditions de travail et de vie des étudiants comme des professeurs qui créent une situation de plus en plus grave à l'Université. Le SNES demande que le gouvernement donne à l'Université les moyens dont elle a besoin pour son fonctionnement et ouvre les débouchés qu'imposent les besoins de la nation, en particulier en créant tous les postes budgétaires dont manquent gravement les enseignements de second degré.

Le SNES, qui a pris une part active aux manifestations du 9 novembre 1967 et du 28 mars dernier continuera à apporter sa contribution à l'organisation de la lutte de masse des enseignants et des étudiants unis aux autres travailleurs et à leurs organisations pour :

•        la défense des franchises universitaires,

•        la modernisation et la démocratisation de l'Université,

•        l'expansion de l'enseignement supérieur (construction de locaux et création de postes de professeurs) permettant un large succès aux facultés,

•        l'institution d'une allocation d'études et le développement des œuvres sociales avec cogestion étudiante,

•        l'ouverture des débouchés pour les étudiants diplômés,

•        le développement des IPES et ENS et le recrutement massif de maîtres qualifiés pour tous les degrés de l'enseignement. Dans l'immédiat, le SNES demande instamment la libération des étudiants arrêtés et la réouverture de la Faculté ee Nanterre et de la Sorbonne.