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Quand j’ai acheté les Mémoires de Jacques Duclos en 1973 (six volumes) j’imaginais un ouvrage passionnant, fait de chair et de vie vu la traversée du siècle par ce grand dirigeant communiste.

A part le premier volume qui traite de ses débuts dans la vie le reste n’est que langue de bois.

Et le lecteur va pouvoir le vérifier avec le passage sur la présentation des événements du 22 mars à la fin juin de 1968.

Si d’un côté Cohn-Bendit et d’autres étaient obsédés par les «crapules staliniennes», Duclos montre combien il était obsédé par «les gauchistes irresponsables», agents de Pompidou. Il ne nomme pas le PSU, la CFDT, il ne nomme pas FO ou la FEN mais il évoque presque une dizaine de fois Cohn-Bendit en dix pages. Ce faisant on peut lui reprocher d’appuyer Pompidou qui lui aussi a accordé beaucoup d’importance au trio médiatique. A un anti communisme répondait dans le cas de Duclos un anti gauchisme très fort au sein du PCF. Mais quand on compare avec les leçons des événements que tire Roland Leroy en 1998 c’est la nuit et le jour puisque Roland Leroy remet en cause la stratégie que défend Duclos.

Quand on regarde les événements vus de Rodez par exemple, il est aisé de vérifier que le courant «révolutionnaire» est une réalité massive loin des héros parisiens. Cette colère n’a pas eu de débouché politique mais ce constat est vrai aussi pour le PCF. J-P D.

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