J’ai déjà évoqué le cas Paul Ardouin sur mon ancien blog.

Sur son livre

Sur le débat à Larrazet

Il était à Samazan en 2010

 Aujourd’hui en cherchant dans mes archives au sujet de 68 je retrouve cet article au sujet d’une polémique avec le PCF, qui est paru dans le journal local du PSU : Le Libérateur (voir article précédent). Nous sommes en 1961 quand l’action unitaire au sein de la FDSEA est encore un fait reconnu par tous (dans le 47 ce sont mêmes les communistes qui dirigent le syndicat). Après 68, cette unité finira par voler en éclats et, dans les conditions nouvelles, y compris des membres du PSU comme Bernard Lambert, ne seront pas les derniers à pousser pour un autre syndicalisme. Cet article permet de saisir un moment des luttes syndicales paysannes. JPD

 

Ardouin PSU

Comment le journal communiste «LA TERRE»

déforme la vérité

 

Il parait, d'après le journal «La Terre» que l'on ne peut défendre les producteurs de Maïs, si l'on siège avec à ses côtés des représentants des «hobereaux» et entre autres, MM. Bézard-Falgo et Piel.... Aussi dans ses colonnes le journal » La Terre » me prend personnellement à partie.

Comme l'histoire est facile à écrire... pour ceux qui ne l'ont pas vécue. Défenseur des petits et moyens producteurs je m'évertue à faire triompher les points de vue «de l'exploitation familiale» et la section des producteurs de maïs ne trahira pas cette fonction, car c'est une majorité de petits et moyens producteurs qui m'ont élu à la présidence, «et les gros» ne sont que minoritaires.

Je n'ai pas de leçon de démocratie syndicale à recevoir de ceux qui préfèrent rester chez eux, pour ensuite critiquer.'

En effet, lors la F.D.S.E.A. du Tarn-et-Garonne tint la réunion constitutrice de sa section «maïs» tous les syndicats du département furent invités et tous les producteurs de maïs. Les syndiqués du canton de Verdun-s-Garonne élirent comme délégué cantonal, M. Bézard-Falgo H. Lors de cette élection on se trouvait le délégué cantonal de la Fédération des Exploitants, pourtant sous l'influence des leaders communistes de Verdun-s-Garonne. Où se trouvait le Président du Syndicat agricole de Bessens, lui aussi communiste, et le Président de la section départementale des Fermiers et Métayers ? Tranquillement chez eux.

Leur présence aurait peut-être permis d'éviter «les soi-disants horbereaux» et de renforcer encore dans la voie de la défense de l'exploitation familiale, la section des producteurs de mais.

Mais comme pour les communistes, une organisation syndicale, un mouvement n'a de valeur que dans la seule mesure où il est entièrement dirigé «par des camarades», on ne cherche pas à jouer le jeu de la démocratie syndicale. A suivre cette voie le syndicalisme agricole ressemblerait étrangement au mouvement de la Paix.

Les producteurs de maïs savent que je suis un ardent défenseur de l’exploitation familiale.

S'il y a des gros producteurs dans le Conseil d'Administration, il n'y a pour moi aucune collusion malhonnête. Je m'évertue uniquement à faire triompher au sein de F.D.S.E.A. du Tarn-et-Garonne les revendications de «l'Exploitant Familial». C'est peut-être moins démagogique que le bruit fait par un «groupement sclérosé de petits amis» mais c'est plus constructif. En effet qui a fait accepter le principe d'un quantum social, véritable salaire minimum garanti pour l'exploitant familial ?

Le Président de la section «maïs» et non le journal «La Terre».

J'arrête là cette polémique, mais il fallait rétablir la vérité, Ne vaut-il pas mieux, que plutôt de se livrer à ces manœuvres de division des petits exploitants, les communistes rejoignent les rangs de la famille syndicaliste agricole du Tarn-et-Garonne pour y faire triompher l’exploitation familiale.

Il faut pour terminer, que les paysans communistes du département sachent que certains de «leurs leaders» lors de la création de la C.G.A. n'ont pas hésité à faire cause commune avec les éléments les plus réactionnaires du monde agricole du Tarn-et-Garonne pour empêcher de constituer une véritable unité de toutes les organisations agricoles de ce département. Il est vrai qu'au dernier conseil d'administration de ta Fédération Nationale des Syndicats d'exploitants agricoles, le communiste Abadie a fait cause commune contre Bruel et les jeunes agriculteurs avec les gros hobereaux du Nord de la Loire.

A. ARDOUIN, Président de la Section Maïs du Tarn-et-Garonne.