elction mexico

 

Le Mexique est un pays stratégique en Amérique latine. La politique de Trump peut-il tourner le pays plus vers son sud que vers son nord ? La présidentielle de 2018 prend une dimension considérable.

Pendant des décennies le pays a été dirigé par le PRI (Parti révolutionnaire Institutionnel). Puis à partir de l’an 2000 le PAN plus à droite prend le pouvoir (avec l’aide d’une partie de la gauche (PRD) pour en finir avec la domination du PRI).

Après Vicente Fox, le PAN conserve le pouvoir grâce à Felipe Calderon mais à la fin de son mandat le PRI revient au pouvoir avec Enrique Peña Nieto. Tout au long de cette période la victoire a été volée à un candidat en dehors des partis en place qui cette fois est largement en tête dans les sondages. Andrés Manuel López Obrador (AMLO) qui dirige le parti MORENA est donné à 43,4% contre 27,7% au candidat du PAN Ricardo Anaya, celui du PRI José Antonio Meade étant largement derrière avec 22,2%.

Il reste moins de deux mois avant l’élection (le 1er juillet) et tout peut arriver. Il y a par exemple eu la tentative d’éliminer le candidat du PRI pour qu’il n’y ait plus qu’un match à deux (il y a deux autres candidats de peu de poids électoral). Rappelons que l’élection se joue seulement au premier tour et pour un seul mandat de 6 ans.

Le premier grand débat télévisé à cinq du 21 avril a confirmé à la fois l’importance majeure de l’élection mais la faible clarté des propositions sur le sujet qui hante le pays : le crime organisé.

Calderon avait décidé de lui faire une guerre à mort mais sans succès.

Peña Nieto avait promis de baisser les tensions mais sans succès.

AMLO propose une amnistie et ne donne pas de réponse claire à ceux qui prônent la légalisation des drogues (certaines ou toutes ?). Pour lui la guerre du nacrotrafic contre le pays serait seulement la riposte aux attaques du pouvoir et d’ailleurs il préfère l’expression de « narcotrafic » que celle plus large de «crime organisé».

AMLO

Par ses liens avec la société civile AMLO est perçu comme un homme sincère à l’écoute du pays mais à trop faire la course en tête peut-il afficher un programme clair ?

Comme repères, il n’y a plus d’un côté la gauche et de l’autre la droite. L’ancien parti de gauche d’AMLO est fortement divisé et souvent autant corrompu que les autres.

Un journal très à gauche comme L       a Jornada n’hésite pas à donner la parole aux soutiens des divers candidats ce qui donne un débat ouvert mais pas pour autant très clair.

Le candidat du PAN qui est nouveau sur le plan politique, prône fortement une réorientation économique vers ce qu’il appelle l’économie sociale de marché. Une façon des s’opposer au néo-libéralisme ? Le revenu universel est également proposé mais sans saisir d’où viendront les ressources pour le financer.

Des observateurs du débat du 21 avril considèrent qu’AMLO semble fatigué par tant de guerres conduites, par tant d’insultes reçues, une fatigue qui fait perdre de l’enthousiasme à ses propositions sociales, économiques et politiques. Il prétend que sa gestion marquera l’histoire comme celle des grands présidents de gauche du Mexique.

Mais quels liens avec le mouvement indigéniste ?

Les Zapatistes toujours présents ont tenté de soutenir la candidature de María de Jesús Patricio Martínez, Marichuy, une nauha du Jalisco de 53 ans et experte en médicine naturelle, choisie par le Congrès National Indigène. Mais ils n’ont pas obtenu, malgré les soutiens de plusieurs grands intellectuels, le nombre de signatures nécessaires.

Le programme d’AMLO reprend des revendications indigénistes comme un Mexique pluriel. C’est le point 5 : Por una nación pluricultural y el respeto a los pueblos indígenas.

AMLO se veut écologiste avec le refus des OGM la défense de l’eau et la souveraineté alimentaire. Va-t-il convaincre seulement comme solution par défaut (les autres ont échoué on va voir avec Morena) ou bien comme solution vraiment alternative ? Les derniers jours de la campagne vont être décisifs. J-P Damaggio