PSU

On le découvre avec le témoignage de Philippe Labro, au soir du 27 mai 1968, à Charléty, beaucoup pensent qu’une nouvelle force politique vient de naître. Les législatives de 1968 apportent une réponse.

En 1967 le PSU avait obtenu 506 592 voix soit 2,26%

En 1968 le PSU obtient 874 212 voix soit 3,94%.

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Les autres forces de gauche ont perdu (faiblement en voix) or le PSU gagne 1,68% et 367 620 voix.

Sauf que pour lire de tels résultats il est vital de savoir combien de candidats ont été présentés.

Le P.S.U. n'avait présenté en 1967 que 117 candidats (d’autres disent 107), alors qu'il en a eu 321 en 1968. Le nombre moyen des suffrages qu'il a obtenus par candidat, qui était de 4234 en 1967, n'est que de 2723 en 1968. On n'a donc pas l'impression d'une progression véritable, mais plutôt d'un certain recul, masqué par l'accroissement du nombre des circonscriptions où les électeurs favorables à ce parti ont pu voter pour lui, et n'ont pas été contraints, soit à l'abstention ou au vote nul, soit au vote pour le P.C.F. ou pour la FGDS.

Cette donnée est importante pour comprendre deux choses :

-         Le 2,2% de 67 n’était pas national vu que contrairement aux autres partis le PSU était peu présent.

-         Son déploiement en France lui fait gagner des voix mais dans des circonscriptions où il est apparu depuis peu et où il a donc du mal à se faire entendre.

Cette impression est confirmée par l'analyse de l'évolution des suffrages du P.S.U. dans les 32 circonscriptions où ses candidats avaient obtenu en 1967 plus de 10 % des suffrages exprimés : il recule en effet, en 1968, dans 24 de ces 32 circonscriptions, et ne progresse que dans 8.

Il progresse dans les circonscriptions suivantes : Charente-Maritime 5e, Côtes-du-Nord 1ère, Finistère 4e, Gers 2e, Moselle 1ère et 3e, Savoie 3e, Vosges 2e.

Il recule dans les circonscriptions suivantes : Cher 1ère , Côtes-du-Nord 5e, Creuse 1ère, Essonne 4e , Eure 3e , 4e, Hauts de Seine 3e et 12e, Ile et Vilaine 1ère, Indre et Loire 1ère, Isère 1ère et 2e, Loire 1ère, Loire-Atlantique 6e, Meurthe-et-Moselle 1ère , Paris 3e, 14e, et 20e, Rhône 1èreet 7e, Savoie 2e, Yvelines 4e.

Il n'a pas affronté le scrutin de 1968 dans les circonscriptions suivantes : Ardennes 3e, Drôme Ve, Loire 5e.

 L'attraction exercée par le P.S.U. sur le corps électoral n’est donc pas supérieure en juin 1968 à ce qu'elle était en mars 1967. Cette baisse d'influence, évidente là où ce parti a affronté les deux scrutins, mais elle est masquée, dans le cadre national, par l'effort fait pour accroître le nombre de ses candidats.

Le cas de Mendès-France est éclairant. Il bat la droite dans la 2e circonscription l’Isère en 1967 (PSU apparenté FGDS) il échoue de 132 voix en 1968 face à Jean-Marcel Jeanneney. Puis à partir de 1973 la circonscription restera à gauche (soit PS soit PCF). JPD