Souvent commenté, rarement publié, voici le protocole d’accord suite aux réunions des 25 mai et 26 mai 1968. Sur Wikipédia il existe une présentation : ICI.

Mais je préfère le texte entier. accords_grenelle. Sa lecture me semble aujourd'hui encore très instructive poiur en lire les acquis, les limites et l'esprit.

Une très bonne étude ICI.

Alors que le gouvernement n’avait rien dit, le Premier ministre Georges Pompidou accepte sur demande de la CGT, de discuter avec les syndicats et convoque le 25 mai une réunion tripartite entre gouvernement, patronat et syndicats.

Le SMIG horaire est de 2,22 F (2,50 € d’aujourd’hui environ) à la veille des évènements de mai. Les conventions collectives sont très inégales. Entre 1964 et 1967 les négociations sont bloquées à tous niveaux. Le chômage, surtout celui des jeunes, commence à monter, de 300 000 en début 1967 il passe à 450 000 en avril 68 (G. Pompidou pensait que le seuil dangereux était à 500 000 !)… Pendant le même temps, les entreprises et les postes de travail commencent à connaître de grandes mutations technologiques (les machines à commandes numériques, par exemple) et le besoin de qualifications s’élève, avec l’arrivée des techniciens supérieurs. Les conflits du travail se multiplient, avec des grèves dures, parfois très longues, qui se heurtent à l’intransigeance patronale et souvent ne débouchent sur aucun résultat, générant l’amertume.

 Les négociations de mai durent plus de 25 heures, sur 2 jours et aboutissent le 27 mai au matin à un protocole que les syndicats veulent présenter aux grévistes. Chez Renault CGT et CFDT se heurtent au refus des grévistes. Par la suite les négociations vont se faire par entreprise, le protocole laissant une grande marge.

 Sans nouvelle réunion, les mesures de Grenelle entrent toutes en application, apportant une amélioration des conditions salariales, mais aussi créant de nouvelles possibilités de relations sociales dans les entreprises. Des négociations de branche, nombreuses, se déroulent durant les mois suivants, débouchant sur des accords sur la ligne des accords de Grenelle et la révision des conventions collectives. Le patronat a accepté également une réunion avec les syndicats salariés sur l’emploi. C’est une relance généralisée de la négociation, qui va se maintenir pendant presque 10 ans, jusqu’au retournement économique de 1977 et à la montée du chômage de masse. C’est aussi les accords de Grenelle qui lancent des groupes de travail, dont l’un, qui se réunit pendant 2 ans, débouche sur l’accord du 9 juillet 1970, instituant la formation professionnelle continue dans toutes les entreprises de 10 salariés et plus. Mettre en lien avec l'article sur les congés payés. JPD