Nous en étions déjà au XII Festival de Montauban que Castan consacrait au théâtre espagnol. La Dépêche évoquera par des éloges, le metteur en scène Jean-Pierre Miquel qui devait présenter l’Etoile de Séville. Sud-Ouest dans l’article ci-dessous donnera le communiqué du comité du Festival qui suite aux décisions nationales d’interdire les manifestations, interdit la tenue du Festival. Le journaliste de Sud-Ouest (je ne sais qui se cache derrière les initiales P.V.) est un amoureux de ce Festival et ce n’est pas étonnant, Félix Castan a noué plus de relations culturelles avec ce journal qu’avec La Dépêche. Nous étions enore loin du Festival d'Occitanie et je me demande pourquoi ce nom de Place royale à la place du nom officiel de Place nationale. J-P Damaggio

 

Article de Sud-Ouest du 19 juin 1968

Le Festival de Montauban

Les prochaines élections législatives improvisées en juin sous l’effet d’un mai turbulent, auront eu, à Montauban, des répercussions d’ordre dramatique, avant même que les électeurs ne se fussent rendus aux urnes.

Il est vrai que ce drame reste du ressort purement théâtral. Il s’agit du Festival de Montauban.

Son comité directeur fait savoir, par un communiqué qu’on lira ci-après, les raisons majeures qui l’ont conduit à annuler les représentations prévues du 29 juin au 10 juillet. Il n’y aurait donc pas à formuler d’autres regrets que ceux qu’il peut lui-même éprouver en renonçant à un Festival dont il espérait beaucoup.

Si en nous inclinant devant le sort commun nous voulons cependant ajouter la nôtre à l’amertume des organisateurs c’est en tant que spectateurs privé de la représentation de « l’Etoile de Séville ».

Réaction égoïste, si l’on veut, mais Jean-Pierre Miquel, son metteur en scène, en nous confiant le manuscrit nous en avait donné l’amour. Nous attendions donc la représentation avec une impatience un peu fiévreuse. La Place Royale sous une nuit d’été, nous paraissait devoir conspirer à la réussite. Ce joyau noir avait trouvé son écrin rose.

Hélas ! la vie présente interdit qu’on l’y dépose. Le comité dit encore le communiqué, étudie, les moyens de reconduire ce programme.

Nous souhaitons ardemment qu’il y parvienne. S’il arrivait qu’il échouât, il manquerait assurément quelque chose à la poésie de la Place Royale : Etoile, dont elle souhaitait abriter sous ses hautes façades les amours doublement impossibles. P.V.

 

Communiqué du comité du Festival de Montauban

Le comité du Festival de Montauban fait connaître qu’il a dû procéder à l’annulation du Festival de la place Royale, à la suite d’une intervention de l’administration préfectorale, de caractère général, interdisant toute manifestation sur la voie publique pendant la période électorale. Aucune possibilité n’existe de report à d’autres dates. Il étudie les moyens de reconduire les programmes les plus originaux spécialement conçus pour la ville de Montauban : notamment la tragédie de Lope de Vega, «L’Etoile de Séville»,l’un des classiques du théâtre européen que devait mettre en scène Jean-Pierre Miquel, les chants huguenots que devait chanter la chorale de l’église du Christ de Karlsrube, accompagnée du Trio trombone, trompette, timbale de Toulouse, avec la participation de la Schola du Moustier, et la soirée consacré à deux Montalbanais déjà célèbres, Robert Lapoujade, auteur de films d’avant-garde, et Jean Malrieu, l’un des meilleurs poètes d’aujourd’hui. La plupart des festivals de France ont été annulés, y compris ceux dont les dates étaient très postérieures : le Festival de Montauban n’a pas pu davantage se maintenir devant les difficultés de tous ordres qu’il avait d’abord espéré surmonter.