Chambord 2

 

La veille du scrutin de second tour des législatives du 30 juin 1968, La Dépêche publie cet article à la gloire de la piscine de Montauban. Il ne suffira pas à Delmas pour sauver son poste de député. JPD

 

Cinquante deux degrés au soleil. 33 à l’ombre. La canicule, pendant des étés et des étés, les Montalbanais ont dû la subir croyant toujours et cela dura trente ans, que la piscine serait pour l’année prochaine. Dès son arrivés à l’hôtel de ville, il y a trois ans, la municipalité Delmas se mettait à la tâche.

Aujourd’hui les Montalbanais peuvent adoucir quelque peu leur sort. Des milliers et des milliers de bambins, d’adolescents et d’adultes goûtent les plaisirs de l’eau. Ils étaient deux mille sept cents jeudi à savourer cette détente saine en toute sécurité et à un prix qui n’est comparable au prix d’aucun autre divertissement. Oui c’est vrai la piscine d’été doublée de la piscine d’hiver est une réalisation unique dans le département, digne de Montauban, tant par son équipement que par son aménagement et par le goût qui a présidé à l’ornementation florale. Il faut vivre dans la chaleur moite d’un bureau en stricte tenue de ville ou devoir sortir dans la fournaise qui liquéfie le bitume pour apprécier à sa juste valeur ce qui vient d’être fait pour les Montalbanais.

Un corps d’hommes-grenouilles

Mais cela va plus loin encore que le seul plaisir de l’eau. Chaque année dans l’arrondissement il est des baignades tragiques. Malaises, imprudences un baigneur coule à pic. Il faut le sortir immédiatement de l’eau. Le plus souvent les plongeurs cherchent en vain. Il faudrait des hommes-grenouilles.

« Oui mais jusqu’ici explique le capitaine Allamelle, inspecteur départemental des services d’incendie, il n’était pas possible d’envisager la création d’un corps d’hommes-grenouilles chez les pompiers montalbanais, faute d’une piscine qui permet un entraînement intensif, indispensable à cette activité. Aujourd’hui que nous disposons de ce merveilleux outils, nous sommes heureux.»

Depuis une semaine donc, les pompiers s’entraînent sous la direction d’un spécialiste. Ils pourront mieux encore que par le passé assurer leur mission. Mais cette réalisation est remarquable à un autre titre : la municipalité Delmas est parvenue sans rien sacrifier de l’utile à l’agréable à économiser 250 millions sur le projet initial.»