Murio la verdad

 Jean_Cassou_et_le_Front_populaire

En 1968, à partir de l’occupation des usines, ils furent nombreux à revivre 1936. Waldeck Rochet, Jacques Duclos avait été députés en 1936. Bien d’autres portaient en eux ce moment extraordinaire. Donc je suis allé voir, une nouvelle fois de ce côté-là et je découvre dans ma bibliothèque un texte de Jean Cassou sur le sujet. Un texte que j’avais depuis 45 ans mais qui était perdu dans une collection de livres. Je note cette observation :

« Ceux qui ont vécu ce moment ne peuvent l'oublier. C'est-à-dire qu'y penser, pour eux, c'est le revivre, et dans ses circonstances mêmes, dans sa nouveauté, dans son présent. »

Jean Cassou écrit son texte sans doute en 1970. Il avait 73 ans.

Comment a-t-il vécu 1968 ? Il faudra que je me renseigne.

Mais pour le moment je note seulement jusqu’à quel point 36 est dans le cœur de tant de Français quand, pour beaucoup d’autres, les jeunes générations, c’était de la préhistoire.

68 n’est en rien 1936 mais ceux, pour qui 1936 fut une œuvre inachevé, retrouvaient avec bonheur des éléments de 1936 dans le 68 social. D’où l’incompréhension entre deux luttes sociales.

Sauf que Jean Cassou dit très bien que sans s’imprégner de l’histoire des luttes sociales, les lutteurs ne deviennent pas cette personne qu’il appelle Le Peuple.

Il ne mâche pas ses mots contre la férocité de la bourgeoisie, tout en saisissant les nuances et en particulier les mutations des intellectuels sous l’effet de la lutte contre le fascisme.

Bref un texte magnifique. Et sur l’Espagne aussi que Jean Cassou portait avec lui depuis toujours.

J-P Damaggio

Autres éléments sur le blog 

Jean Cassou 21 juin 1935

Jean Cassou à Madrid en 1931

Jean Cassou en 1938

Machado vu par Cassou

Sur Cassou de 1933 à 1936

Premier bilan Jean Cassou