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Quand on ne connaît pas la langue du pays, il est judicieux de faire appel à des guides et c’est ainsi qu’avec l’aide d’une jeune femme nous avons visité une partie du Musée russe.

Sa compétence, sa passion aussi, permettait d’installer les icônes d’abord, les peintures ensuite dans l’histoire nationale et ainsi à travers l’art nous avons fréquenté une part de l’histoire de la Russie.

Les immenses richesses des tsars leur permettaient d’acheter des merveilles de la peinture européenne ce qui fait qu’à Saint-Pétersbourg on peut se croire au Prado, au Musée d’Orsay ou dans un musée de Florence. Ce faisant ils marginalisaient des artistes russes… même s’ils recevaient des bourses pour aller étudier… en Italie.

Le Musée russe nous a permis de découvrir des merveilles. Si une part de la littérature de ce pays est arrivée jusqu’à nous, ce n’est absolument pas le cas de la peinture.

Parmi les œuvres, à un moment la guide nous a confié que c’était la salle qu’elle préférait. Les œuvres réalisées par des membres du peuple, présentaient le peuple dans sa beauté comme dans sa souffrance. Il s’agissait de réalisations des années 1850-1900 à un moment où en France nous avions Courbet.

Avec le livre présentant les œuvres du Musée j’ai essayé de retrouver les trois peintures de cette salle mais sans succès.

J’ai d’accord pensé aux paysages de Isaac Levitan mais non les personnes étaient beaucoup plus présentes.

Comme je classe les artistes en question parmi les « ambulants » j’ai cherché parmi eux. Peut-être Grigori Miassoïedov. Et puis non. Il y avait bien une magnifique peinture des faucheurs mais dans ma mémoire je pense plutôt à un paysage villageois. Je retrouve le magnifique tableau d’Ilia Répine, où des Cosaques signent un accord avec des Turcs et que nous avons commenté un moment. Repine est fortement présent au musée avec sept œuvres dont celle que j’ai pris en illustration : les Bateliers de la Volga. On est un peu frustré à le trouver en petit format sur le livre mais sur l’écran d’ordinateur, en plus grand, on peut saisir les incroyables détails. Il a illustré Le journal d’un fou.

Mais ce n’est pas lui que je cherche. Même si à la fin on a passé un bon moment devant une peinture pédagogique, une commande, où il présente tous les députés de la Douma en séance le 7 mai 1901.

Est-ce Vassili Polenov qui a réalisé la fascinante œuvre : Le Christ et la pècheresse (Qui est sans péché ?) en 1888.

Là, la guide nous fait observer que quand on est d’un côté du tableau on a l’impression d’être dans le camp du Christ et quand on traverse lentement devant le tableau, on a l’impression de passer dans l’autre camp. Comme s’il y avait eu deux tableaux juxtaposés. L’âne du premier plan donne l’impression de nous suivre des yeux pendant qu’on va d’un côté à l’autre du tableau ! Une sensation unique.

Mais encore une fois je cherche un autre peintre.

Alors est-ce Nikolaï Kassatkine ? Lui aussi est impressionnant par son attention aux gestes de la vie, par ce réalisme authentique qui n’est ni photographique, ni romantique.

Et si seul le souvenir restait utile dans son flou, dans son incertitude ?

Comme toujours, on passe des heures dans un musée, on se gorge d’émotions, et il faut garder avec soi la soif d’en savoir plus. Nous avons laissé de côte le 20ème siècle. Chagall est-il un peintre russe ?

J-P Damaggio