Vignoles

 

Mon premier repas à Saint-Antonin c’était chez les parents d’André, en juin 1971, des personnes charmantes. A ce moment là le fils travaillait encore au Sénégal et la fille était mariée avec un Cubain (ou du moins un noir travaillant à Cuba). La terrasse de leur maison donnait sur l’Aveyron face au fameux roc légendaire. A la retraite, en 1981, André viendra habiter juste à côté, une maison bien aménagée. C’est chez lui que je découvrirai dans les œuvres complètes de Victor Hugo le texte du poète à la gloire du Moissagais Jean Bousquet.

Non seulement, comme il est dit dans l’article de La Dépêche, il animait un atelier d’occitan mais aussi, pendant l’été, il animait une semaine entière sur l’occitan. Il aimait particulièrement l’école occitane d’été de Villeneuve sur Lot.

A Saint-Antonin il sortait un peu des sentiers battus car, contrairement aux «intellectuels» de la cité il n’était pas un enseignant et de plus il avait vécu longtemps à l’étranger.

Son attachement à la langue d’oc, dans ce qu’elle avait de plus vivant encore (l’oral et le populaire), me plaisait beaucoup aussi, quand Jean-Marc Buge se lança dans l’œuvre considérable d’éditer tout Frédéric Cayrou, je les ai mis en relation, et je peux dire que sans André, Jean-Marc aurait sans doute été un peu dépassé car il ne s’agissait pas seulement de retrouver les textes mais encore fallait-il uniformiser la graphie. Par sa passion pour  la pétanque il retrouvait avec le calme qui lui convenait la vie réelle.

J-P Damaggio

  La Dépêche

André Vignoles, le sage occitan, nous a quittés

Fils de Charles Vignoles, directeur du cours complémentaire de Saint-Antonin de 1931 à 1934, André naît le 22 octobre 1925, à Pommevic. Il découvre Saint-Antonin à l'âge de 6 ans. Après avoir fréquenté le lycée Ingres à Montauban (1937-1944) et le lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse (1944-1946), où il choisit la filière de l'École nationale de la France d'Outremer, il exerce la profession d'adjoint au chef des produits de la Compagnie française de l'Afrique occidentale à Ziguinchor (Sénégal) durant l'année 1947, où il rencontre Emma Richoux, qu'il épouse le 11 décembre 1948, à Louga (Sénégal). De leur union, naîtra leur fils unique Jean-Henri. André Vignoles occupe le poste de directeur adjoint départemental des PTT d'Outremer à Paris, de 1948 à 1981, date à laquelle il prend sa retraite et se retire chez son père, rue de l'Escolo-Viélho, à Saint-Antonin-Noble-Val. Il est adhérent de la société des Amis du vieux Saint-Antonin (Savsa) depuis 1974. Dès 1981, il s'intéresse aux activités de ladite société et, le 1er décembre, il crée le groupe Langue occitane qui, dès la première séance, rassemble 15 personnes dont 4 enfants de l'école primaire.

En 1990, il crée une petite troupe théâtrale et d'animation occitane regroupant une douzaine de personnes et baptisée «Teatre per ço nòstre» qui travaillera sur un répertoire renouvelé tous les ans. Le Groupe occitan est à cette époque le groupe le plus vivant de tous les ateliers de la Savsa. Il regroupe une trentaine de participants assidus. Dans son article «Le pavé dans la mare» paru dans le bulletin de l'année 1992, il plaide avec force en faveur du pavage des rues et du dallage des places de la cité.

En 1993, c'est à lui que revint l'honneur d'organiser le cinquantenaire de la création (1943) de la société. Cette même année, le 7 octobre, il passe la présidence à Gilles Muratet, jeune Saint-Antoninois, docteur en médecine. En 1999, avec l'aide de Colette Marion et de Marie-Thérèse Renardeux-Mendez, il s'attaque à un énorme travail : la traduction des «Comptes consulaires de Saint-Antonin». Le tome I, qui couvre la période de 1325 à 1363, sera publié en 2003.

Joueur de pétanque chevronné et passionné, en décembre 2011, alors qu'il est président d'honneur et doyen des licenciés de la Pétanque saint-antoninoise, il se voit remettre la médaille de collègue en or. En 2012, toujours sous sa direction, est publié le tome II des «Comptes consulaires de Saint-Antonin» qui couvre la période de 1376 à 1453. En 2014, il cesse ses activités mais en 2017, il publie dans le bulletin de la société des Amis un compte rendu de lecture à propos de l'ouvrage de Gilles Sicard : «Ramon Jordan, vicomte troubadour de Saint-Antonin.»

 Dialysé depuis plusieurs mois et las de cet état, André Vignoles, décède le 17 juin, à Montauban, à l'âge de 92 ans. Saint-Antonin vient de perdre l'un de ses plus éminents personnages. La Dépêche du Midi