Guy Bégué

Ruffe

C’est connu beaucoup de députés PCF sortants ont été battu en 68.

Le cas de l’inamovible Hubert Ruffe (1899-1995) me semble emblématique.

Il s’agit de la circonscription de Renaud Jean dans le 47, gagnée par le PCF en 1920 avec seulement un échec en 1928. Hubert Ruffe reprend la succession après 1945. Réélu sept fois sauf entre 51 et 56 (lois sur les apparentements), et 58-62 (la vague gaulliste).

En 1967 il avait été élu de justesse : 22708 voix contre 21816 à un centriste.

En 1968 il est battu de justesse : 21032 voix contre 21733 à un jeune gaulliste parachuté là !

Guy Bégué est lié au Tarn-et-Garonne par son père maire de Larrazet et député à un moment dans le 82. Au premier tour, il devance largement le candidat républicain indépendant 12778 contre 6360. Si on ajoute les deux au second tour, il doit obtenir environ : 20 000 voix. Or il en obtient 21 733 avec le même nombre d’exprimés à 17 unités près.

Ruffe devance largement le candidat FGDS : 15 754 contre 7353. Soit un total environ de 23 000 voix. Il en obtient 21032 !

Hubert Ruffe est battu pour deux raisons :

-         Des électeurs FGDS n’ont pas voté pour lui

-         Des électeurs FGDS ont de plus voté gaulliste.

Ce jeune candidat tombé du ciel et qui rejoindra en 1973 les cabinets ministériels (conseiller général un temps dans le 47) a sans doute réussi à mobiliser une part de la jeunesse qui ne pouvait pas se reconnaître dans l’antique candidat PCF. En 1981 il sera mis sur la touche par Pierre Mauroy et il en profitera pour réaliser une thèse sur les déterminants du vote dans sa circonscription de Marmande (consultable aux archives départementales du 47) ;

Ceci étant, en 1973, tout rentrera dans l’ordre, Hubert Ruffe sera à nouveau député, le report à gauche, avec le programme commun lui ayant assuré un retour au Palais Bourbon. J-P Damaggio