Dans certains milieux de gauche en France les événements du Nicaragua se réduiraient à une lutte entre le révolutionnaire Ortega et l’impérialisme des USA. Comme si depuis des années les forces de la bourgeoisie locale et de l’Eglise ne s’étaient pas rangées derrière Ortega !

C’est seulement depuis le mois de mai et la révolte de la jeunesse que les dites forces tentent de noyauter cette révolte pour tirer les marrons du feu. Mais cette situation ne change rien à l’état des lieux qui met trois forces en présence :

-         Le camp Ortega-Murillo (l’épouse et vice-présidente) replié dans son bunker et bénéficiant encore d’un appui non négligeable de fidèles mais avec en plus des groupes paramilitaires venus en soutien. Si de telles forces ne sont pas désarmées elles vont prendre leur autonomie et servir de base au crime organisé comme au Guatemala, au Salvador et en Honduras.

-         Le camp populaire des jeunes, des quartiers pauvres et des paysans opposés au canal qui conduit une révolte pour la vie. Malheureusement ce camp là n’a aucun relais politique, Ortega ayant perverti toute discours de gauche.

-         Le camp de la Bourgeoisie organisé dans le Conseil supérieur de l’entreprise privée (Cosep). Il ne craint en rien son ancien allié, Ortega, mais la révolte populaire qui seule peut remettre en cause ses privilèges. Donc avec l’accord de Washington ils tentent de manipuler le soulèvement populaire pour aboutir à une fin en douceur pour eux.

La trahison de la «gauche» internationale qui refuse de voir le côté populaire de la révolte au nom d’anciennes solidarités avec des sandinistes qui n’en ont plus que le nom, confirme l’état de délabrement de cette gauche. JPD