PCM Mexique

A cette époque là j’écrivais déjà beaucoup sur une machine à écrire électrique, d’autant que mon emploi du temps professionnel me le permettait.

Je viens de retrouver un texte suite à deux noëls passés au Mexique. Je le reprends non pour leur valeur plutôt nulle, mais comme témoignage.

Souvenir_de_voyage_au_Mexique_en_1975_et_1976

Quand un jeune français de 24 ans passe la frontière qui d’un côté s’appelle Rio Grande et de l’autre Rio Bravo, voit ses repères bouleversés. Je travaillais alors aux USA un pays surprenant certes, mais dont les caractéristiques majeures étaient connues. Dès le passage de la frontière mexicaine c’était l’entrée dans l’inconnu total, d’autant plus que tous les panneaux de signalisation étaient supprimés pour que les touristes demandent la bonne direction à des habitants que se faisaient un plaisir de donner la mauvaise, sauf en échange de quelques dollars !

Au-delà de cette anecdote surtout vraie à Laredo, j’avais, du Mexique quelques données de base, (les J.O. de 68 et le massacre d’étudiants d’alors) mais totalement éloignées de la réalité.

Le Mexique est en fait le pays des révolutions permanentes car trahis en permanence ! Jusqu’à être dirigé pendant des décennies par le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI). Pour le contrer sur sa gauche le parti communiste a fini par accepter de se fondre dans une organisation qui est devenue le Parti de la Révolution Démocratique (PRD). Aux dernières élections ce parti s’est allié avec le parti de droite, le PAN !

 Avec le Mexique, il n’y avait plus, les bons d’un côté et les mauvais de l’autre, mais la subtilité partout.

 Le texte rédigé tient à distance le voyage lui-même pour se pencher sur le côté politique à partir de diverses lectures ramenées du pays (sur la photo le journal du Parti communiste mexicain du 20 décembre 1975 un inédit sans doute sur internet), en conséquence, il ne dit rien des perturbations entrainées chez le voyageur par ce qu’il a vu… sauf à éprouver le désir d’écrire un texte à distance.

Par exemple, je connaissais bien les cireurs de chaussures pour les avoir croisés en Espagne mais nous n’étions pas en Espagne.

Parmi les premières surprises, la visite du Musée d’Anthropologie. Mon épouse d’alors était malade mais le responsable de l’hôtel nous a rassuré tout de suite, c’était le mal classique de l’altitude qui allait passer rapidement. Elle est restée se reposer et j’ai donc fait la visite avec les amis qui nous ont conduits dans cette aventure, (je salue plus de quarante ans après la famille Corneille pour sa gentillesse). Ce musée nous permettait de découvrir les merveilles de civilisations passées que le lendemain, cette fois à quatre, nous vérifierons à Téotihucan. Le nom de cette ville a été donné des années après sa décadence par les Aztèques car il n’y a eu aucune trace écrite. Les Indiens n’étaient donc pas seulement des hommes avec des flèches si présents dans les Western ?

Le document que je retrouve est écrit par quelqu’un qui cherche à retrouver ses marques, à retomber sur ses pieds, tout en sachant que ça serait définitivement impossible. Et depuis, le Mexique me hante régulièrement.

Il y a bien sûr le cas du Chiapas à partir de 1994, avec une expérience révolutionnaire de plus où Marcos a d’abord utilisé le soutien international autour de son combat, puis, découvrant que ça ne changeait rien dans ses rapports au Mexique, il tenta une stratégie capable de fédérer les révoltés du Mexique plutôt que ceux du monde, or il découvrit que ça ne changeait rien dans ses rapports avec le Mexique, alors il s’est replié sur le Chiapas et s’est autodétruit en tant que Marcos.

Concernant les rapports entre la France et le Mexique ils sont légions.

En 2019 le Mexique va entrer dans une phase de régénération nationale pour quel résultat ? Personne ne le sait. Les forces révolutionnaires n’ont jamais eu de modèles et n’ont jamais servi de modèles. Chavez a voulu inventer le bolivarisme qui ne pouvait pas concerner le Mexique. AMLO cherche à inventer son propre pays et rien de plus car c’est déjà beaucoup. J-P Damaggio