Avec Marie-France nous avons vu Thyeste, la pièce de Sénèque présentée dans la Cour d’honneur à Avignon. Le mardi suivant nous avions un trou dans l’emploi du temps au moment où il était présent à la FNAC. Nous avons hésité avant d’aller l’écouter car tant de choses ont déjà été dites. Finalement la petite heure de dialogue a été très instructive car les questions posées n’étaient pas les questions classiques.

Pourquoi si jeune accepter de jouer dans la Cour d’Honneur ? Thomas Jolly : J’ai d’abord refusé. Olivier Py m’a proposé de jouer en 2017 et je n’étais pas prêt. Or il n’était pas sûr de voir son contrat renouvelé donc mon refus pouvait avoir des conséquences. Il a été renouvelé et j’ai accepté pour 2018. Jouer dans la Cour est un défi, par la taille, les éléments extérieurs… Par exemple il y a eu la victoire de l’équipe de France en demie finale juste avant le début d’une représentation, les bruits engendrés par la liesse populaire se sont retrouvés dans le spectacle…

Vous êtes metteur en scène et acteur ça ne pose pas de problèmes ? Non car notre compagnie est maintenant ancienne (onze ans), on se connaît bien etc.

Cette question me fait penser à la démarche de Nanni Moretti qui a fonctionné de la même manière, faisant l’acteur et le metteur en scène avec une équipe de départ très fidèle. Elle est importante car on peut dire que le metteur en scène en faisant l’acteur se met en scène à ses propres risques.

Pourquoi le spectacle commence si tôt ? Cette question rejoint une autre : A l’heure des saluts tout le monde est sur scène ! Et en effet, de là où nous étions j’ai vu voir s’activer l’homme qui contrôlait l’entrée et qui fermait les portes donnant ainsi le top départ. Il était su scène pour saluer comme les techniciens etc.  et donc aussi les enfants. Or les enfants selon la loi ne peuvent être sur scène entre Minuit et 4 h du matin donc il fallait commencer plus tôt pour qu’ils puissent saluer.

Et des questions qui bien sûr recoupent le sens de ce théâtre antique. Dès le début le spectateur est informé de la fin mais pas du comment on arrive à cette fin. Par l’usage de la mythologie ce théâtre avait un fond pédagogique.

La science fiction vous inspire ? Thomas Jolly se présente à la fois comme une éponge qui capte tout mais aussi comment quelqu’un qui va là où il a décidé d’aller. Peut-être est-ce là la force d’un artiste. Sur son écran d’ordinateur il peut recevoir de la même manière la pop culture, les musiques de partout et il peut s’imprégner de toute cette vague d’influences mais pas pour faire jeune, pas pour faire plaisir, mais pour construire son théâtre dramatique. L’horreur est plus que jamais possible mais elle est plus que jamais sans solution. Il fut un temps où l’horreur de la guerre était considéré comme une leçon pour le futur (une bonne guerre et ça ira mieux !) mais ce n’est plus possible. Comment saisir les deux phénomènes.

Thomas Jolly est en route pour de grandes réalisations. J-P Damaggio

Thomas_Jolly_et_Thyeste