Le nouveau président du Mexique ne prendra ses fonctions que le 1er décembre. Suite aux diverses décisions prises pour préparer son arrivée au pouvoir le débat fait déjà rage pour savoir de quel côté va pencher sa politique.

Son chef de cabinet personnel est un millionnaire qui depuis des décennies défend les millionnaires et il n’est pas inutile de préciser que le Mexique détient l’homme souvent à la première place dans le classement Forbes à savoir le fameux Carlos Slim. Avant l’élection il a dénoncé AMLO et après sa victoire il lui a envoyé une lettre manuscrite pour le féliciter.

Le MEDEF Mexicain - Consejo Mexicano de Negocios (CMN) – après avoir mis en garde les Mexicains sur les dangers d’une victoire d’AMLO se sont faits doux comme des agneaux. Plusieurs différents vont devoir être clarifiés : le nouvel aéroport de Mexico, la politique énergétique etc.

 Si le cabinet personnel d’AMLO suscite des réserves c’est moins le cas de son futur gouvernement (je ne traduis pas les noms c’est assez clair) :

Manifestacion-aborto-legal_EDIIMA20180820_0550_20

Secretaría de Gobernación a Olga Sánchez Cordero;

Secretaría de Relaciones Exteriores a Héctor Vasconcelos

Secretaría de Hacienda y Crédito Público a Carlos Manuel Urzúa Macía;s

Secretaría de Desarrollo Social a Maria Luisa Albores;

Secretaría de Medio Ambiente Ambiente y Recursos Naturales a Josefa González Blanco Ortíz Mena;

Secretaría de Energía a Rocío Nahle;

Secretaría de Economía a Graciela Márquez Colín;

Secretaría de Educación Pública a  Esteban Moctezuma Barragán;

Secretaría de Agricultura, Ganadería, Desarrollo Rural, Pesca y Alimentación a Víctor Villalobos;

Secretaría de Comunicaciones y Transportes a Javier Jiménez Espriú;

Secretaría de la Función Pública a Irma Eréndira Sandoval;

Secretaría de Salud a Jorge Alcocer Varela;

Secretaría del Trabajo y Previsión Social a Luisa María Alcalde;

Secretaría de Desarrollo Agrario, Territorial y Urbano a Román Meyer Falcón;

Secretaría de Turismo, Miguel Torruco Marqués;

Secretaría de Cultura a Alejandra Frausto Guerrero.

 Les membres de ce gouvernement sont souvent des personnes qui ont dirigé avec AMLO le district fédéral quand il était à la tête de la ville de Mexico.

 Les plus critiques sont les zapatistes qui considèrent qu’AMLO ne va rien changer sauf sur les marges. Ils prennent pour l’exemple le cas d’Esteban Moctezuma Barragán ministre de l’éducation publique. Cet homme comme plusieurs autres sont mêlés à la vie politique depuis longtemps et pour ce ministre, les zapatistes qui n’oublient pas, rappellent qu’en 1995, il était le secretario de Gobernación du président Zedillo et à ce titre il a trompé les zapatistes puisqu’en guise de dialogue il a lancé l’armée contre eux après une campagne de presse désignant le sous-commandant Marcos comme étant Sebastián Guillén Vicente. AMLO prétend qu’il va inclure dans la Constitution les Accords de San Andrès qui furent là aussi une autre trahison puisqu’après la promesse de leur mise en œuvre ils furent effacés de l’histoire.

Un autre secteur du pays demande quelques clarifications quant au droit à l’IVG. Il y aurait plus de 800 000 avortements clandestins par an au Mexique. Le district fédéral (la ville de Mexico) a mis en application un large droit à l’IVG depuis 2007 mais sans qu’une généralisation du droit touche le pays. Dans cette ville ce sont en moyenne 16 600 avortements par an. Quel ministère peut s’occuper de la question ? Qu’il y ait dans le gouvernement 8 hommes et 8 femmes n’efface pas le problème.

 Dans ce débat sur droite et gauche tous ceux qui soutiennent les engagements à gauche d’AMLO ne cessent de répéter que sans mobilisation citoyenne les promesses ne seront pas tenues. Cette mobilisation s’organise et fera l’objet d’un prochain article. JP Damaggio